Via  Lapress

L’ONU tente de sauver l’accord sur Hodeida, conclu en Suède en décembre et mis à mal par la poursuite de combats sporadiques dans et autour de la ville portuaire stratégique de l’ouest du Yémen par laquelle transite l’essentiel de l’aide humanitaire et des importations alimentaires du pays.

Un retrait des Houthis des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa a pris du retard, comme celui des forces des deux belligérants de la ville.

Le président yéménite a souligné à l’émissaire Martin Griffiths que son gouvernement « restait engagé à [appliquer] l’accord de Suède », selon l’agence yéménite Saba. Le chef des observateurs de l’ONU à Hodeida, Patrick Cammaert, a assisté à la rencontre.

Le président Hadi a souhaité « l’application rapide des points de l’accord, notamment concernant le cessez-le-feu […], le retrait de la ville et du port de Hodeida et [l’application] des engagements pris sur [l’échange] des prisonniers », selon l’agence Saba.

Il a en outre appelé à « mettre les points sur les i » et à « informer la communauté internationale des entraves mises sur le chemin de la paix » par les rebelles qu’il a accusés de « refuser d’honorer leurs engagements ».

Lors d’une rencontre avec M. Griffiths à Riyad, des partis politiques yéménites pro-Hadi ont appelé l’ONU à adopter une « position plus ferme » à l’égard des rebelles, selon l’un de leurs responsables.

Représentant du gouvernement au sein du comité chargé de l’application de l’accord sur Hodeida, le général Sadek Douid a abondé dans ce sens.

Il a préconisé, dans une déclaration à l’AFP, des « pressions de l’ONU » sur les rebelles, reprochant à l’organisation d’avoir « cédé à la volonté des Houthis » de remplacer le général Cammaert.

Avant d’arriver mercredi à Riyad, Martin Griffiths et Patrick Cammaert avaient rencontré à Sanaa des responsables Houthis, les rebelles soutenus par l’Iran.

Patrick Cammaert dirige depuis le 23 décembre les éléments précurseurs de la mission d’observation de l’ONU. Les rebelles lui reprochent de pencher du côté du gouvernement.

Son convoi a été la cible de tirs le 17 janvier à Hodeida. L’ONU cherche à le remplacer selon des sources diplomatiques à New York.  

La guerre au Yémen menace 14 millions de personnes de famine et a fait quelque 10 000 morts depuis le début, en mars 2015, de l’intervention militaire d’une coalition pro-Hadi menée par Riyad. Des ONG estiment que le bilan des victimes est largement supérieur.

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