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L’histoire de cette enquête commence en 2017, au Guatemala, dans le village d’El Estor, sur les rives du lac Izabal. Des pêcheurs de la communauté maya Q’eqchi, un groupe indigène particulièrement attaché à ses terres, s’inquiètent alors d’une potentielle contamination du lac où ils travaillent. « L’eau du lac est devenue toute rouge, comme si la terre s’était deversée dedans. Plus personne ne voulait acheter notre poisson », relate le pêcheur Alfredo Maquin. 

Inquiets, ces pêcheurs indigènes demandent des comptes à propos de l’impact environnemental d’une mine de ferronickel établie sur leurs terres ancestrales. Selon ces derniers, cette marée rouge soudainement apparue a été causée par la mine. Ils descendent dans la rue. Mais le 27 mai 2017, tout bascule. Le journaliste Carlos Choc saisit des images compromettantes : en pleine manifestation, un pêcheur, Carlos Maaz, est à terre. Au second plan, un policier braque une arme dans sa direction.

Forbidden Stories, une équipe internationale de 40 journalistes, a enquêté sur cette mort et cette pollution dans le cadre du projet « Green Blood », dont les enquêtes seront diffusées dans les mois à venir sur France Télévisions. L’équipe est allée à la rencontre du journaliste Carlos Choc, plus de deux ans après avoir été témoin de la mort du pêcheur. Depuis 2017, il a été poursuivi en justice pour incitation au crime et association illicite. Il risque jusqu’à vingt ans de prison. 

Pour la compagnie de nickel et les autorités, à partir de ce moment-là, je suis devenu une menace, car j’avais les preuves de ce qui s’est passé ce jour-là.

Le journaliste Carlos Choc

La compagnie à la tête de la mine de ferronickel et au cœur des préoccupations des pêcheurs s’appelle Solway. Il s’agit d’un groupe d’origine russe basé en Suisse, dont la holding est à Malte. Solway a repris la mine d’El Estor en 2011.

Les journalistes de Forbidden Stories ont également interrogé le ministre de l’Environnement du Guatemala sur cette affaire. Face à la photo du pêcheur à terre, ce dernier assure qu’il s’agit « seulement d’une personne à terre ». « Officiellement, il n’existe aucune preuve scientifique que la police a tué un manifestant », insiste-t-il. Plus de deux ans après les faits, personne n’a été inculpée pour le meurtre du pêcheur.

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