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Représentation de « Touristophane » dans le Palais des papes, à Avignon le 23 juillet 2020.

Avignon avait de vrais-faux airs d’Avignon, jeudi 23 juillet au soir. Sur la place du Palais des papes, les terrasses de cafés étaient – presque – pleines, et des créatures théâtrales, vêtues de costumes moyenâgeux, haranguaient le badaud pour le drainer vers quelque salle obscure. Pour un certain nombre de chanceux, dont la ministre de la culture, Roselyne Bachelot-Narquin, en déplacement à Avignon et à Arles, il y avait même une soirée au Palais. Pas dans la célèbre Cour d’honneur, lieu saint du festival, non, en cette année où l’épidémie de Covid-19 a privé les amateurs de théâtre de « in » comme de « off ».

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C’est dans le cloître niché au cœur du Palais qu’avait lieu la soirée de clôture du « Souffle d’Avignon », une semaine de lectures de textes d’auteurs contemporains montée par les salles permanentes d’Avignon, qui ne se résolvaient pas à voir leur ville totalement privée de théâtre en ce mois de juillet. Comme elles, quelques lieux du « off » se sont débrouillés pour proposer des spectacles, en petit comité : à la Chapelle du Verbe-Incarné, Georges Feydeau, Colette, Laurent Gaudé et Guy de Maupassant se mêlent à des spectacles jeune public, jusqu’au 31 juillet ; à la Condition des Soies, Philippe Caubère joue Les Lettres de mon moulin, d’Alphonse Daudet, jusqu’au 25 juillet.

Serge Valletti ne fait pas toujours dans la dentelle, mais, autant qu’on puisse en juger, Aristophane non plus

Et c’est Philippe Caubère, vétéran d’Avignon, que l’on retrouvait, en compagnie d’Ariane Ascaride, de Bruno Raffaelli et de quelques autres, pour cette soirée intitulée Touristophane. Un titre qui rime avec Aristophane, et pour cause : elle était conçue par et autour de Serge Valletti, un auteur de 69 ans, qui, après avoir écrit ses propres textes, a entrepris, il y a une dizaine d’années, de traduire à sa façon les onze pièces qui nous restent de l’auteur comique grec.

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Serge Valletti est un Marseillais d’Avignon, et c’est avec la verve et la gouaille de la cité phocéenne qu’il a transposé les farces d’Aristophane dans notre monde d’aujourd’hui. La pièce choisie pour cette soirée s’appelle d’ailleurs, dans sa version Valletti, Les Marseillais. A l’origine, elle s’intitule Les Cavaliers, et elle est une satire de la vie politique et sociale de l’Athènes classique, notamment pendant la période de la guerre du Péloponnèse. Elle voit s’affronter, pour gagner la confiance du peuple de la cité, un marchand de boudin, Agoracrite, et Cléon, homme politique et démagogue.

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