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De quoi faut-il donc sauver Spider-Man ? A en croire le mot dièse #SaveSpiderMan, particulièrement populaire depuis mardi soir, le héros de comics serait en danger. Sauf que cette fois, la menace ne viendrait pas d’une créature dégénérée à laquelle une expérience scientifique ayant mal tourné aurait donné naissance, mais d’une simple histoire de sous. Et la survie du personnage est en réalité loin d’être en jeu.

Selon plusieurs médias américains spécialisés dans l’actualité hollywoodienne (ici Variety), Marvel Studios et Sony Pictures ne parviennent pas à s’entendre pour renouveler l’accord qui a permis à l’homme-araignée d’intégrer ce que l’on appelle le «Marvel Universe», autrement dit toute la galaxie des films de super-héros produits à la chaîne par Marvel Studios depuis 2008, année de sortie du premier Iron Man avec Robert Downey Jr.

Conclu en 2015, cet accord a permis à Disney, qui possède Marvel Studios depuis 2009, d’intégrer Spider-Man dans deux films Avengers et de coproduire, avec Sony, deux longs métrages entièrement consacrés au super-héros désormais incarné par Tom Holland : Spider-Man : Homecoming en 2017 et Spider-Man : Far From Home cette année. Dans les faits, l’achoppement des discussions entre les deux studios ne menace que la poursuite de cette intégration. Car Sony détient toujours les droits du personnage, et peut donc le décliner en autant d’aventures cinématographiques qu’il le souhaite – ce qu’il avait fait avant l’accord avec Disney en produisant, à partir du début des années 2000, la trilogie réalisée par Sam Raimi (avec Tobey Maguire) et deux films de Marc Webb (avec Andrew Garfield). Deux nouveaux films avec Tom Holland seraient d’ailleurs sur les rails et la fin de l’accord avec Disney n’impliquerait pas forcément leur annulation.

Disney voudrait plus de poids

Jusqu’à maintenant, l’accord prévoyait que Disney touche 5% des premières recettes des films, ainsi que les revenus des produits dérivés. Selon Variety, Disney voudrait désormais que les films soient coproduits à 50-50 entre les deux sociétés et que Kevin Feige, la tête pensante de tout le barnum Marvel, conserve un droit de regard sur les métrages.

Certains ne manquent pas, dans l’affaire, de souligner que les meilleures apparitions de l’homme-araignée au cinéma ne sont pas forcément celles marquées du sceau Disney-Marvel Studios. Le deuxième épisode de la trilogie de Sam Raimi est encore tenu comme un des meilleurs films de super-héros tournés, et le film d’animation Spider-Man : New Generation a remporté un oscar cette année. Comme le relevait Libération dans son élogieuse critique, ce film a été réalisé entièrement chez Sony, grillant de ce fait la politesse à Disney.

Variety le souligne : si les discussions sont au point mort, l’accord est loin d’être définitivement enterré. Il faut dire qu’aucune des deux parties n’a foncièrement intérêt à lâcher l’autre. Sorti cette année, Spider-Man : Far From Home (notre critique) est le premier film Spider-Man à avoir dépassé le milliard de dollars de recettes et est désormais le plus gros succès de l’histoire de Sony Pictures, devant le James Bond Skyfall. Quant à Avengers : Endgame, dans lequel Spider-Man joue un rôle non négligeable, il est devenu le film ayant rapporté le plus d’argent avec près de 2,8 milliards de dollars de recettes.


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