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Le Dr Rachel avec son père Mark Randall

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L’expérience de Rachel, qui s’est occupée de son père en phase terminale, lui a appris la vraie nature du deuil

Le docteur Rachel Clarke passe sa vie professionnelle en compagnie de personnes qui meurent, mais en 2017, son travail est soudainement devenu beaucoup plus personnel.

On a diagnostiqué à son père, Mark Randall, également médecin un cancer en phase terminale.

« J’étais dévastée par la perspective de perdre mon père et de pleurer la nuit », a déclaré à la BBC le médecin de l’Oxfordshire, dans le sud de l’Angleterre.

Faire face à une autre mort, non pas en tant que médecin mais en tant que fille, était une toute autre situation à traverser.

« Aucune de ces compétences professionnelles ne m’a aidé de manière profonde et fondamentale en tant fille en deuil », a-t-elle déclaré.

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La malédiction du médecin

Alors que son père luttait contre le cancer, Rachel s’efforçait de contenir ses émotions.

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Dan Lucas

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Rachel affirme que le fait de savoir comment le cancer attaque le corps n’était pas très utile lorsque son père le combattait

« C’est une malédiction particulière d’être médecin. Vous savez aussi ce qui vous attend. »

Après avoir été diagnostiqué, son père lui téléphonait tous les jours pour lui parler de sa maladie.

« Je me suis inspiré de toute ma formation, pour être un médecin très calme, objectif et réconfortant au bout du fil, tout en supprimant – et en enterrant – la fille qui criait et qui était remplie d’angoisse. »

Son père a dit qu’il trouvait ces conversations « thérapeutiques ».

« Mais chaque fois que je raccrochais et je posait le téléphone j’étais en larmes », a déclaré Rachel.

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Une leçon importante

S’occuper de son père lui a fait prendre conscience du profond sentiment de perte et du vide ressenti par les personnes en deuil.

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Laura Gallant

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Le Dr Rachel exhorte les gens à avoir des conversations sur la mort

« C’était une leçon très importante pour moi en tant que médecin. J’ai enfin compris ce que c’était que d’être de l’autre côté – d’être une mère, un fils, une épouse, un frère ou un mari qui perd l’amour de sa vie. C’était une leçon d’humilité pour moi ».

Rachel et le reste de la famille ont travaillé dur pour rendre les derniers mois du Dr Mark Randall aussi spéciaux que possible.

« Papa avait une attitude extraordinaire face à sa maladie. Il l’a prise de front. Il a essayé de remplir les derniers mois, semaines, jours de sa vie avec toutes ces petites expériences simples. »

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Les derniers jours

Son père a passé des heures à marcher dehors, même après avoir arrêté la chimiothérapie palliative. Il a emmené sa mère faire 600 km en voiture pour aller voir ses montagnes adorées dans les Highlands écossais.

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Rachel Clarke

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Rachel et sa soeur ont grandi en écoutant les histoires captivantes de son père

Rachel a acheté trois billets coûteux pour un concert et a emmené ses parents assister à une représentation de la deuxième symphonie d’Elgar – la préférée de son père.

« Il y a eu ce moment incroyable où tous les trois, nous avons eu des larmes qui coulaient sur nos visages. »

Ils ont été bouleversés par la musique – et par la prise de conscience que son temps touchait à sa fin.

« Pendant les cinq derniers jours de sa vie, il était dans un lit d’hôpital en bas chez lui. L’un de nous lui a tenu la main 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il n’a jamais été seul ».

La veille de Noël, son père a eu 75 ans. Il était entouré de ses trois enfants et de ses trois petits-enfants. Mais le Dr Randall était trop faible, même pour sourire. Deux jours plus tard, il est mort.

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L’apprentissage du chagrin

« Vous avez ces moments précieux. Aucun d’entre eux ne dure éternellement, et papa a réussi à les célébrer tous jusqu’à la fin », a déclaré Rachel.

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Rachel Clarke

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Rachel est passée du journalisme à la médecine tard dans sa vie

Le seul fait réconfortant est que son père est mort à la maison et non pas dans un hôpital entouré de machines.

« Le chagrin est la forme que prend l’amour quand quelqu’un meurt, et cette douleur, parmi toutes les douleurs, ne peut être palliée », dit-elle dans son livre « Dear Life », qui traite de ce deuil.

Lorsqu’elle était sur le point de retourner au travail, elle avait peur que chaque patient qu’elle voyait lui rappelle son père.

Mais elle a vite compris que cette expérience traumatisante lui avait donné du pouvoir.

« Maintenant, j’ai l’expérience vécue, apprise et réelle qui m’a permis de comprendre ce que les proches en deuil vivaient. »

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Le mariage à l’hospice

Les conversations qu’elle a eues avec son père lui ont également permis de mieux comprendre les besoins de ses patients.

Cela a aidé lorsqu’une jeune femme mourant d’un cancer dans son hospice a exprimé son désir de se marier.

L’équipe de Rachel a travaillé contre la montre pour obtenir une robe pour la mariée et pour convertir une salle de l’hôpital en chapelle.

Ils ont reçu des ballons et des gâteaux pour célébrer le mariage, qui a eu lieu avec un préavis de trois jours seulement.

Il y avait des centaines d’invités et le père de la mariée l’a conduite dans l’allée.

« Tout à coup, ce n’était plus une femme qui mourait d’un cancer. C’était une jeune femme qui se mariait, regardant l’homme qu’elle aimait plus que tout. Chaque personne présente dans la pièce pouvait sentir cette transformation. C’était l’une des plus belles expériences que j’ai eues au travail », a déclaré Rachel.

La patiente a gardé sa robe de mariée et est morte dans les bras de son mari le jour suivant, a-t-elle ajouté.

« C’était à la fois déchirant et absolument magnifique. »

« Les malades en phase terminale savent que leur temps est compté, alors que nous vivons comme si nous avions tout le temps du monde », dit-elle dans son livre.

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Survivre à l’explosion d’une bombe

Le fait d’avoir frôlé la mort plus tôt dans sa vie avait été la clé de la décision de Rachel de devenir médecin.

En avril 1999, alors qu’elle se dirigeait vers un pub du centre de Londres avec son petit ami, une puissante explosion l’a fait tomber.

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Rachel était à quelques mètres d’une bombe qui a explosé près du pub Admiral Duncan, dans le centre de Londres

« Je pouvais voir un corps devant moi, d’un homme qui n’avait pas de jambe. »

L’explosion – un attentat à la bombe à clous perpétré par un néo-nazi dans un pub gay – a tué trois personnes et blessé 70 autres.

Rachel a vu comment les médecins et les infirmières se sont précipités pour aider, inconscients du danger. Cela lui a redonné la vie.

Enfant, elle était douée pour les sciences et a grandi en écoutant les histoires captivantes de son père sur le métier de médecin. Ses professeurs s’attendaient à ce qu’elle suive ses traces, mais au lieu de cela, elle était devenue journaliste.

Après avoir survécu à l’explosion, elle est retournée aux études et a bientôt commencé un diplôme de médecine à l’âge de 29 ans.

Après avoir terminé sa formation médicale, elle a passé du temps dans les services d’urgence, mais elle a trouvé sa vocation dans la prise en charge des personnes ayant besoin de soins de fin de vie.

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Vœu de mourrant

Rachel estime que les gens doivent s’engager dans des conversations difficiles sur la mort et se préparer à aborder des questions pratiques.

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Rachel aimerait voir une loutre dans la nature avant de mourir

« Je suis étrangement philosophe sur ma propre mort. Je crois sincèrement que j’ai de la chance d’avoir vécu pendant 47 ans dans un état de santé remarquable », a-t-elle déclaré.

Si on lui diagnostiquait une maladie limitant sa vie, elle souhaite que ceux qui s’occupent d’elle l’aident à réaliser un désir inassouvi.

Pendant des années, elle a essayé – et échoué – de voir une loutre dans la nature. Ce serait sa dernière volonté.

« Peu importe si je suis malade, si je suis en fauteuil roulant ou fiévreuse, je m’en fiche. S’il vous plaît, emmenez-moi à une rivière où je peux voir une loutre de manière fiable et je mourrai en femme heureuse. « 

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