Via    Le monde

Michael Connelly, ecrivain americain, auteur de romans policiers.
Chez lui a Tampa, devant son micro ordinateur *** Local Caption *** Jan. 12, 2012 - Tampa, Florida, U.S. - Author MICHAEL CONNELLY photographed at his Tampa, Florida home. Connelly is an American author of detective novels and other crime fiction, notably those featuring LAPD Detective Hieronymus 'Harry' Bosch and criminal defense attorney Mickey Haller. His books, which have been translated into 36 languages, have garnered him many awards.

EDWARD LINSMIER / ZUMA-REA

Par

Publié le 29 juillet 2020 à 18h00 – Mis à jour le 01 août 2020 à 20h11

L’œuvre de Michael Connelly résulte de la rencontre rêvée d’un homme et d’une ville : Los Angeles. « J’ai essayé d’écrire sur la Floride, où j’ai grandi et commencé ma carrière de journaliste. Cela ne marchait pas, explique-t-il par visioconférence au “Monde des livres”. A l’âge de 30 ans, j’ai estimé qu’il était temps d’opérer un grand changement. J’ai précisément choisi d’emménager là où mon inspiration en matière de livres et de films était la plus féconde. » C’est que l’imaginaire du romancier américain, né en 1956, a été précocement façonné par les auteurs de polars ayant dépeint la « cité des anges » : Raymond Chandler (1888-1959), auquel Connelly a rendu hommage dans Sur un mauvais adieu (Calmann-Lévy, 2018), Ross MacDonald (1915-1983), Joseph Wambaugh et James Ellroy. Autant d’écrivains souvent adaptés par Hollywood, berceau du film noir.

Habiter dans la mégapole multiculturelle de la Californie du Sud a délivré le futur écrivain. Son style s’est débarrassé de ses scories. Il a gagné en densité, confie-t-il. De fait, Les Egouts de Los Angeles, la première aventure de l’inspecteur Harry Bosch, n’a pas eu de mal à séduire un éditeur, lequel l’a publié en janvier 1992 (Seuil, 1993). « Une fois sur place, vous vous rendez compte que c’est un territoire immense qui change tout le temps. Vous commencez à sentir que vous pouvez trouver votre propre chemin, inventer des histoires et des personnages qui se distinguent de héros emblématiques du genre et des romans antérieurs sur Los Angeles. »

Lire aussi « Le Los Angeles de Connelly » : le roman noir de la Cité des anges

Parmi tous les détectives privés ou inspecteurs de police créés en littérature, Hieronymus Bosch, dit « Harry Bosch », porte un patronyme parmi les plus singuliers. Lequel tisse un lien entre l’Europe et l’Amérique, à l’instar de Raymond Chandler et de son privé, Marlowe, dont l’état civil fait référence au dramaturge élisabéthain du même nom.

Connelly, lui, a donné à son fin limier le nom d’un célèbre primitif flamand. Si les historiens de l’art demeurent divisés sur les interprétations à donner à son énigmatique chef-d’œuvre Le Jardin des délices, Connelly souscrit, pour sa part, « à l’idée générale que ce tableau, comme les autres de Bosch, parlent du bien et du mal, des conséquences de notre comportement, du salaire du péché, du ciel et de l’enfer. C’est pourquoi ses peintures ressemblent à des scènes de crime. » Lui-même conçoit la littérature comme un moyen d’ordonner le chaos, d’« explorer le monde » et de lui « donner un sens à travers un récit ». Tant pis pour « le cliché », dit-il.

Il vous reste 74.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laissez un commentaire