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Yves Bertoncini estime que l’accord sur le plan de relance européen de 750 milliards d’euros est « un signal d’unité ».

Les 27 pays membres de l’Union européenne ont validé mardi le principe d’un plan de relance européen de 750 milliards d’euros. Ce plan est « un signal d’unité, une avancée de type fédéral », a indiqué Yves Bertoncini, président du Mouvement européen en France, sur franceinfo mardi 21 juillet. Le consultant en Affaires européennes considère que le plan, fondé sur une dette commune, « sera remboursé assez facilement ». Il évoque « un accouchement aux forceps » qui a donné naissance à « un beau bébé », même s’il « n’est pas aussi rose qu’on aurait pu l’espérer ».

franceinfo : Tout cela augure d’une Europe différente, plus fédérale et plus solidaire, pour les années à venir ?

Yves Bertoncini : C’est un signal d’unité – dans la douleur, certes – d’intégration, une avancée de type fédéral. Beaucoup de Français se féliciteront, mais d’autres pays s’estimeront plus sceptiques. En tout cas, [les pays européens] l’ont accepté parce que c’était dans l’intérêt de tous. S’il y a autant d’oppositions, c’est quand même parce que c’est un pas en avant déterminant. Pour la première fois, on va emprunter pour subventionner. L’Europe avait déjà emprunté. L’Europe avait déjà subventionné. Mais elle n’avait jamais emprunté autant, 750 milliards. C’est la première fois qu’on aura une si grosse dette, qu’on devra rembourser sur 30 ans, à 27. Elle sera remboursée assez facilement.

Comment les pays frugaux ont-ils pu finalement se laisser convaincre ?

C’est un accouchement aux forceps et ça ne pouvait pas être autrement. Une avancée aussi novatrice ne pouvait pas passer comme une lettre à la poste. Les marques sur le compromis, on les voit. D’abord il n’y a plus 500 milliards de subventions, seulement 390. Il y a dans le budget européen beaucoup de réductions de programmes. On a raboté certaines dépenses. Des pays ont obtenu de maintenir, voire d’augmenter un peu, les chèques de ristourne qu’ils obtiennent. Il a fallu lâcher des compromis, des concessions, comme à chaque fois. C’est comme ça qu’on construit l’Europe. Même si le bébé n’est pas aussi rose qu’on aurait pu l’espérer, c’est quand même un beau bébé.

Bruxelles fait-elle preuve d’ingérence dans la vie politique des pays en demandant des contreparties aux pays les plus aidés ?

Ça rappelle de mauvais souvenirs à certains pays. Le sauvetage de l’Irlande, de la Grèce, du Portugal ou encore de Chypre. Mais là, c’était un autre contexte. Des pays qui étaient étranglés financièrement par les marchés et qui venaient emprunter au compte-goutte les subventions dont ils avaient besoin. On leur a demandé, à ce moment-là, des réformes très dures, avec le FMI. Là, c’est différent. Les financements européens ne se sont jamais accordés sans contreparties. Il y a toujours des conditions à respecter. Ces financements vont être déboursés sous contrôle de la Commission européenne, qui va par exemple s’assurer que ça contribue à la transition énergétique, environnementale ou digitale.

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