Via    France Tv info

Le député PS de l’Orne et ancien directeur des prisons de Fresnes et Fleury-Mérogis, estime sur franceinfo que le jihadiste Peter Cherif devrait être surveillé par des « mesures de sécurité très pointues ».

Le jihadiste Peter Cherif, proche des frères Kouachi, a été placé en garde à vue en France après avoir atterri à l’aube à l’aéroport de Roissy dimanche 23 décembre au matin. Peter Cherif a « un profil particulièrement dangereux » et il devrait donc « être écroué dans un grand établissement de la région parisienne » et « mis à l’isolement avec des mesures de sécurité très pointues pour pouvoir le surveiller mais aussi pour l’empêcher d’agir en prison », a estimé sur franceinfo Joaquim Pueyo, député PS de l’Orne, vice-président de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées, ancien directeur des prisons de Fresnes et Fleury-Mérogis.

franceinfo : l’incarcération de Peter Cherif suppose-t-elle des mesures particulières ?

Joaquim Pueyo : Peter Cherif a un profil particulier. On va lui notifier ses mandats d’arrêt internationaux puisqu’il a été condamné par la France à cinq ans d’emprisonnement mais il est également recherché par d’autres pays. C’est donc un profil particulièrement dangereux. Mais nous avons en France des établissements pénitentiaires qui ont les moyens de le prendre en charge en mettant en place des procédures de sécurité très pointues. A mon avis, il sera écroué dans un grand établissement de la région parisienne et il sera mis à l’isolement avec des mesures de sécurité très pointue pour pouvoir le surveiller et pour l’empêcher d’agir en prison. Il ne faudrait pas qu’il devienne une figure emblématique du terrorisme dans la prison. Les prisons accueillent de nombreux jeunes, fragiles, qui peuvent être influencés. Il faut donc éviter tout contact avec le reste de la population pénale. Cela est possible dans certains quartiers, notamment à l’isolement.

Salah Abdeslam avait réussi à communiquer avec un autre détenu. Ces mesures de surveillance très pointues concernant Peter Cherif peuvent-elles comprendre une surveillance vidéo 24h/24 ?

C’est possible. Cela a déjà été fait. Cette décision sera prise par les magistrats qui vont l’écrouer. L’administration pénitentiaire a les moyens de le surveiller et de mettre une vidéo. Elle a également les moyens de renforcer la surveillance par du personnel. En tout cas, il me paraît normal que Peter Cherif, recherché durant de nombreuses années, combattant d’Al-Qaeda au Yémen et en Irak, soit surveillé d’une manière forte et efficace. On a les moyens de le faire, notamment dans certains établissements pénitentiaires.

Les prisons sont souvent surpeuplées. C’est le cas notamment de Fleury-Mérogis. Des détenus comme Peter Cherif augmentent-ils le climat de tension ?

Nous avons les moyens techniques pour assurer la surveillance de ces détenus. Mais je n’oublie pas qu’il faut renforcer le nombre de surveillants dans les prisons, notamment dans les prisons surpeuplées. Il faut également renforcer la logistique. Des efforts ont été faits mais ce n’est pas suffisant. Il faut absolument construire des établissements pénitentiaires. Il n’y a pas assez de places. Nous avons des quartiers d’évaluation de la radicalisation, nous avons également renforcé le renseignement pénitentiaire. Nous avons donc pu constater que certains jeunes délinquants se sont radicalisés en prison. Voilà pourquoi il faut renforcer les moyens dans les prisons. Des efforts ont été faits dans les différents budgets mais il faut continuer et permettre aux surveillants de travailler dans les meilleures conditions.

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