Via    Le Monde

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, au Parlement européen, à Bruxelles, le 23 juillet.

C’est une véritable course d’obstacles. La première haie, sans doute la plus haute, a été franchie mardi 21 juillet, quand, après quatre-vingt-dix heures de discussions parfois houleuses, les Vingt-Sept se sont entendus sur le plan de relance européen à 750 milliards d’euros qui doit les aider à faire face à la crise due au Covid-19. Financé par une dette commune, celui-ci viendra abonder le budget communautaire (de 1 074 milliards d’euros sur la période 2021-2027).

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Mais, pour voir le jour, cet accord va devoir encore passer plusieurs étapes, dont il n’est, à ce stade, pas sûr qu’il sorte indemne. Le Parlement européen, notamment, aura son rôle à jouer dans cette affaire, et jeudi 23 juillet, à l’occasion d’un vote sur une résolution, préparée par cinq groupes politiques (les conservateurs du PPE, les sociaux-démocrates des S&D, les libéraux de Renew, les Verts et l’extrême gauche de la GUE/NGL) et adoptée par 465 voix pour (150 contre et 67 abstentions), les eurodéputés ont fait part de leurs doléances.

Ambitions à la baisse

Si, dans leur grande majorité, ils saluent le recours des Européens à une dette commune afin de faire œuvre de solidarité vis-à-vis des pays le plus fragiles, comme l’Italie, l’Espagne ou la France, ils se disent néanmoins « prêts à refuser de donner leur approbation [du budget européen] jusqu’à ce qu’un accord satisfaisant soit trouvé ». Car, à leurs yeux, l’enveloppe budgétaire est insuffisante. Afin d’obtenir l’aval des « frugaux » − Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark − et de leur allié finlandais, adeptes de l’orthodoxie budgétaire, les Vingt-Sept ont revu à la baisse leurs ambitions dans des domaines aussi variés que la recherche, Erasmus, la défense, les transitions climatique et numérique, ou encore la politique d’asile.

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« Pour arracher cet emprunt commun, on a sacrifié toute l’Europe dont nous avons vraiment besoin », résume l’ex-tête de liste LR aux élections européennes François-Xavier Bellamy. « Nos politiques communautaires ne peuvent être sacrifiées sur l’autel des taux de retour des Etats membres [c’est-à-dire ce qu’ils touchent] », a ainsi lancé Dacian Ciolos, le président du groupe Renew.

Même si elle était dans l’hémicycle pour défendre l’accord issu du sommet européen − une « force de frappe financière sans précédent » de 1 800 milliards d’euros −, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à qui le budget permet de décliner ses priorités politiques, a reconnu que celui-ci était désormais « très maigre ». C’est « une pilule difficile à avaler », a admis l’ancienne ministre d’Angela Merkel. « Nous ne l’avalerons pas », lui a répondu l’Allemand Manfred Weber, le président du groupe PPE, qui briguait la présidence de la Commission quand son interlocutrice y a été nommée.

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