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Le blason de la justice et sa balance représentés sur le fronton du Palais de justice de Paris.
Le blason de la justice et sa balance représentés sur le fronton du Palais de justice de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

On m’appelle le JAF, je suis le juge aux affaires familiales, pas ou peu de vacances pour moi les prochains mois. Il y a ces audiences reprogrammées en début d’année en raison de la grève des avocats. Et puis en mars, la pandémie de Covid-19 m’a contraint à revoir encore mon calendrier. Pendant le confinement le couple a été mis à rude épreuve. Et plus d’un sur dix envisage désormais de se séparer, selon une enquête de l’Ifop.  Une chose est sûre : je ne vais pas chômer.
 
Les avocats et les notaires non plus, leurs cabinets sont déjà pris d’assaut… comme ceux des psychanalystes. Pascal Anger est spécialisé dans les thérapies de couple : « Pour certains, ça a été un ciment ce confinement, et pour d’autres ça a été une prison. Il y a des couples qui se sont précipités sur l’idée qu’il fallait très vite se séparer parce qu’ils avaient été enfermés. » Et puis s’ajoute la perspective d’une seconde vague, d’un second confinement, avec le ou la même partenaire. Tant et si bien qu’en Chine, depuis fin mai, une loi contraint ceux qui souhaitent divorcer à l’amiable de s’accorder un mois supplémentaire de réflexion pour être sûr de sa décision.

En France, le délai est de 15 jours pour les divorces par consentement mutuel. Depuis 2017, la séparation à l’amiable se fait sans juge, si le couple est d’accord sur absolument tout. Il suffit alors d’une convention entre avocats, signée après ces 15 jours de réflexion. La convention est déposée chez le notaire. Et le divorce peut être enregistré en six semaines, dans le meilleur des cas, s’il n’y pas de patrimoine complexe à partager. Ça, c’est ce que proposent des sites spécialisés. Les délais réduits, c’est l’une de leur promesse. L’autre, c’est un prix défiant toute concurrence et donc une séparation plus sereine, comme l’explique Me Emily Juillard, cofondatrice de We Divorce :« Quand vous êtes en cabinet ça coûte entre 2 000 euros et 3 000 euros par personne, et nous, un divorce sans biens et  sans enfants coûte 690 euros frais compris. Le fait que notre procédure soit très simple et peu coûteuse les incite à trouver un accord entre eux. C’est tellement simple et ça peut être tellement rapide que beaucoup de couples qui au départ avaient quelques points d’achoppement finissent assez rapidement à se mettre d’accord, sans drame, sans guerre. »
 
Une nouvelle réforme prévoit de simplifier cette fois la procédure de divorces contentieux. Elle devait entrer en vigueur le 1er septembre, ce sera finalement janvier 2021. Vraisemblablement en raison de l’engorgement justement des tribunaux.
 

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