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Les personnes faisaient partie d’un groupe de six jeunes venus se baigner dans L’Ognon, un affluent de la Saône, à Pesmes (Haute-Saône), village situé à mi-chemin entre Dijon et Besançon, dans une zone de baignade non contrôlée, et donc sans surveillance sanitaire. Un troisième jeune, momentanément hospitalisé, a quitté l’hôpital car son « état de santé s’est amélioré rapidement », a indiqué Marc Di Palma, médecin à l’ARS.

– Quelle est la nature de cette maladie ?

La leptospirose est une maladie infectieuse, bactérienne, dont le principal réservoir en France métropolitaine est le rongeur aquatique – porteur sain – qui excrète la bactérie dans ses urines, explique le site de l’Institut Pasteur de Paris.

La leptospirose, une maladie oubliée

La bactérie ayant une forme spiralée, elle fait partie de la famille des leptospires. La principale espèce, présente chez les rongeurs aquatiques (rat surmulot, rat musqué, ragondin), s’appelle Leptospira interrogans. Il existe d’autres espèces chez les insectivores, chiens, bovins et porcs.

« C’est une maladie grave, parfois mortelle, dont l’incidence en France métropolitaine est en augmentation (602 cas ont été observés en 2017) », indique le site de l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté. Toutefois, l’incidence est beaucoup plus élevée dans les zones tropicales (Réunion, Mayotte).

Le diagnostic est délicat et se pose au moyen d’analyses de sang (recherche d’ADN de la bactérie ou d’immunoglobulines) ou d’urines (ADN bactérien) qui dépendent du délai entre la date d’apparition des symptômes et la date du test, selon Santé Publique France.

– Comment s’infecte-t-on et existe-t-il un traitement ?

La contamination peut se faire directement via une écorchure de la peau ou indirectement par l’intermédiaire de l’eau, des végétaux ou de sols humides souillés par les urines de rongeurs, la bactérie étant assez résistante en milieu humide. L’incubation dure en moyenne 3 à 20 jours selon l’Institut Pasteur.

Dans un premier temps, le patient présente les mêmes signes qu’une grippe : une fièvre brutale élevée (supérieure à 39 °C), des douleurs musculaires et des maux de tête. Il peut aussi souffrir de douleurs articulaires et abdominales, de nausées et vomissements, de diarrhée, de toux et de photophobie.

Y a-t-il trop de rats à Paris ?

Dans un deuxième temps, il peut y avoir des complications au niveau de plusieurs organes (insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, confusion mentale, signes méningés) justifiant l’hospitalisation.

Un traitement aux antibiotiques administré précocement est efficace contre les différentes espèces de bactérie Leptospira. Généralement, il consiste à administrer de la pénicilline par voie intraveineuse durant 7 à 8 jours, précise l’ARS. Il existe un vaccin pour les professionnels les plus exposés (agriculteurs, éleveurs, employés d’abattoirs, égoutiers).

– Recommandations et évolution récente d’une « maladie oubliée »

« L’ensemble des activités de baignade et de loisirs aquatiques en eau douce (kayak, rafting, canyoning) présente un risque d’exposition aux bactéries responsables de la leptospirose. Aussi la baignade doit se pratiquer dans des zones surveillées faisant l’objet d’un contrôle sanitaire », a rappelé la préfecture.

« Au début du XXIe siècle, le nombre de cas de leptospirose était faible, avant qu’il augmente depuis quelques années », observe François Moutou, vétérinaire et naturaliste. On est ainsi passé, en France métropolitaine, de 300 cas en 2011 à plus de 600 cas en 2014-2015, soit un cas pour 100 000 habitants/an (1).

« Les spécialistes santé/environnement considèrent la leptospirose, problème de santé publique, comme une maladie émergente liée au changement climatique (réchauffement, inondations plus fréquentes) et à l’urbanisation grandissante », poursuit François Moutou.

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