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Une semaine à peine après avoir trouvé un accord de reprise de Léon de Bruxelles, « le spécialiste des moules frites », le groupe Bertrand, numéro deux français de la restauration commerciale, annonce le lancement d’une offre publique d’achat sur le groupe Flo, propriétaire entre autres d’Hippopotamus, dont il possède déjà 77,2 % du capital.

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Avec cette nouvelle offensive, le Groupe Bertrand espère récupérer la totalité des parts du groupe Flo pour « mener son plan de redressement de la manière la plus efficiente, notamment au regard des besoins de trésorerie générés ». En bonne voie, l’opération sera finalisée avec l’accord officiel des autorités de la concurrence.

Un PDG qui cultive sa discrétion

Presque inconnu du grand public, le groupe Bertrand créé, dirigé et contrôlé par Olivier Bertrand depuis 1997, a réussi à se hisser en seulement vingt ans d’existence, comme le rival de McDonald’s dans le secteur de la restauration commerciale en France. Fuyant volontiers les propositions d’interviews et visiblement très attaché à son indépendance, le PDG du groupe cultive sa discrétion depuis ses débuts.

La restauration rapide sommée de mieux trier ses déchets

Olivier Bertrand, descendant d’une famille de « Bougnats », surnom donné aux familles venues du Massif central à Paris au début du XXe siècle pour travailler dans les cafés et la distribution de boissons, a grandi à Pailherol, un petit village de montagne dans le Cantal. Après son service militaire, sans le bac en poche, il fait ses premières armes comme équipier dans l’un des restaurants Free-time, une chaîne de burgers des années 1980.

Acquisitions d’enseignes de restauration rapide et d’établissements renommés

Le jeune entrepreneur ouvre un premier restaurant en 1991, une cantine italienne non loin de la gare du Nord à Paris. Très vite, il fonde un groupe à son nom et amorce l’acquisition de plusieurs restaurants. En 2005, son portefeuille s’étoffe avec le rachat de la brasserie Lipp ; du Procote qui peut se targuer d’être le plus ancien café de la capitale ; de la Coupole, un établissement fréquenté dans les années 1930 par Picasso, Jean-Paul Sarthe, Edith Piaf… ou encore du très chic salon de thé Angelina, où les touristes affluent chaque jour pour tremper les lèvres dans un chocolat chaud unique, résultant d’un subtil assemblage de fèves de cacao à 68 %, mélangées à du lait entier.

Six ans après l’acquisition de deux hôtels de luxe dans le 16e arrondissement de Paris et à Saint-Germain des Prés, Olivier Bertrand obtient en 2014 la licence exclusive de Burger King pour relancer l’enseigne en France, qui compte près de 300 restaurants. L’entrepreneur de la restauration souhaite ouvrir 600 adresses supplémentaires. De ce fait, il rachète Quick l’année suivante, avec l’intention d’en changer le plus grand nombre en Burger King.

Un empire de la restauration en pleine expansion

L’expansion du groupe Bertrand se poursuit. Le nouveau géant de la restauration a mis successivement la main sur les brasseries parisiennes des Frères Blanc en 2016, puis, un an plus tard, il est devenu l’actionnaire majoritaire du groupe de restauration Flo, empêtré dans des difficultés financières. Cette dernière opération a permis à Bertrand de devenir propriétaire à plus de 70 % des chaînes Hippopotamus et Bistrot Romain, dont il a habilement redressé les comptes en dépoussiérant la carte et les restaurants.

Dernière acquisition en date, Léon de Bruxelles. Après avoir adressé une offre sur la totalité de son capital, le groupe Bertrand a scellé en juillet 2019 un accord avec Eurazéo, l’actionnaire majoritaire de la chaîne de restaurants spécialiste des moules frites, pour la reprise de ses 82 restaurants.

La fortune personnelle d’Olivier Bertrand est estimée à 550 millions d’euros. Ce qui place l’autodidacte à la 168e place des fortunes françaises, selon un classement établi par le magazine Challenges.

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