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L’économiste Gilbert Cette et l’avocate Gépy Koudadje rappellent dans une tribune au « Monde » que les syndicats avaient accepté pour le régime complémentaire la réforme qu’ils refusent pour le régime général.

Publié le 29 août 2019 à 06h30 – Mis à jour le 29 août 2019 à 15h07 Temps de Lecture 3 min.

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Les préconisations du haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye concernant le système de retraite de base semblent prudentes. Il n’y est, par exemple, pas souligné que le remplacement des 42 régimes actuels par un système universel à points fera inévitablement des perdants. C’est pourtant le prix à payer pour renforcer la confiance collective dans l’équité de notre système social, si les efforts demandés apparaissent justes. Car la multiplicité des régimes et la complexité technique du sujet alimentent la suspicion : ne suis-je pas lésé par rapport à d’autres ?

La recherche d’une soutenabilité financière impose des changements du fait de l’allongement de l’espérance de vie à la naissance, passée de 75,3 ans en 2000 à 78 ans en 2010 et 79,4 ans en 2018 pour les hommes, ces chiffres étant de 83 ans, 84,6 ans et 85,3 ans pour les femmes. Un même allongement s’observe pour l’espérance de vie à 60 ans, plus pertinente pour les questions de retraites, passée de 20,5 à 22,4 puis 23,2 ans pour les hommes et 25,6 à 27,1 puis 27,6 pour les femmes.

Pour faire simple, trois grandes modalités sont envisageables pour assurer cette soutenabilité financière. La première est la hausse des contributions. Mais la France est déjà, parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), celui où le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé. La seconde modalité est la baisse des prestations. Mais les retraités ont déjà vu leur pouvoir d’achat baisser depuis 2014, en particulier en 2018 du fait du transfert sur la CSG des contributions chômage des salariés.

Lire aussi la tribune: « La fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu est porteuse de difficultés majeures »

La troisième modalité est le recul de l’âge du départ en retraite, conduisant à augmenter le nombre d’années contributives et à diminuer le nombre d’années de prestations. Mais le président Macron s’est engagé à ne pas reculer l’âge du droit au départ à la retraite de 62 ans, pourtant bas comparé à de nombreux autres pays européens. Il a été alors préconisé de décaler l’âge du taux plein à 64 ans, lequel pourrait évoluer dans le futur, en rapport avec l’espérance de vie. Cet allongement est une incitation financière à rester en activité après 62 ans. Déjà, en 2018, les assurés du régime général (hors départs anticipés) étaient en moyenne partis à la retraite à environ 63,4 ans.

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