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Des activistes d’Extinction Rébellion bloquent l’entrée du terminal où transitent les jets privés, à l’aéroport de Genève (Suisse), le 16 novembre.
Des activistes d’Extinction Rébellion bloquent l’entrée du terminal où transitent les jets privés, à l’aéroport de Genève (Suisse), le 16 novembre. FABRICE COFFRINI / AFP

Tribune. La nouvelle est passée comme un avion de ligne dans le ciel de novembre : easyJet est devenue la première compagnie aérienne au monde à compenser l’intégralité des émissions carbone de ses vols, sans surcoût pour le client (mais avec un coût annuel de 30 millions d’euros pour l’entreprise)… tout en concédant que cela n’est pas la solution à long terme. Un signal faible ? Certainement pas. Plutôt un « point de bascule » du côté des entreprises. Clairement, Greta Thunberg et le flygskam (la honte de prendre l’avion, en suédois) sont passés par là.

Et, en ces temps de « crise climatique » désormais reconnue (en mai, le quotidien britannique The Guardian a annoncé que ce terme remplacerait dorénavant dans ses articles celui, trop neutre, de « changement climatique »), l’aviation civile est dans la ligne de mire du grand public. Anne Rigail, la directrice générale d’Air France, a également annoncé en octobre que, début 2020, la compagnie compensera 100 % des émissions de CO2 de ses vols intérieurs. Il n’est pourtant pas si loin le temps où la compensation carbone des vols était une option vaguement proposée, résolument facturée, et surtout systématiquement introuvable à la réservation…

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Pour ne pas parler de l’appli Air France qui valorise encore pour ses clients le nombre de villes visitées, de kilogrammes de bagages transportés ou, pis, le nombre astronomique de kilomètres (les équivalences sont données en parcours Terre-Lune, Lune-Mars, etc.) parcourus en avion depuis des années… Certes, Air France n’en est pas au stade de son cousin KLM, qui conseille à ses clients, dans sa campagne « Fly Responsibly » lancée avant l’été, de réfléchir avant de prendre l’avion voire avant de prendre le train, mais quand même ! Après une année riche en urgences environnementales réaffirmées, du climat à la biodiversité, on aurait presque envie de croire que l’on s’approche vraiment, cette fois, d’un point de bascule décisif…

Avant tout une transition culturelle

Selon l’éditorialiste américain Malcolm Gladwell, ce fameux tipping point, comme disent les Anglo-Saxons, se trouve quelque part aux alentours de 10 % d’une population, seuil à partir duquel une minorité engagée et adoptant de nouveaux comportements peut changer la norme sociale et entraîner dans son sillage la majorité silencieuse. L’initiative du haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, Christophe Itier, baptisée justement « 10 % pour tout changer », ambitionne de fédérer au-delà de leurs différences les acteurs de la transition écologique et solidaire (groupes internationaux, entreprises de l’économie sociale et solidaire, TPE, start-up, ONG et acteurs de la société civile…) pour accélérer le changement.

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