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Lors de son interview du 14 Juillet, Emmanuel Macron a levé un coin du voile sur le futur plan de relance « massif » qui sera intégralement dévoilé en septembre. Il devrait atteindre, selon lui, « au moins 100 milliards d’euros en plus de l’argent déjà mis ». Petite surprise, Emmanuel Macron a semblé renoncer, à court terme, à la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % de Français qui la payent encore. Même si le chantier n’est pas définitivement enterré, il pourrait être renvoyé à un prochain quinquennat : le chef de l’État a renvoyé cette décision au gouvernement. Le Premier ministre, Jean Castex, pourrait en dire plus mercredi lors de son discours de politique générale. En revanche, il a écarté toute idée d’augmentation d’impôt, y compris pour les plus aisés.

Le président a d’abord longuement justifié la politique menée durant ses trois premières années de mandat. « J’ai mené au début de ce quinquennat avec les gouvernements d’Édouard Philippe, des réformes tambours battant », a-t-il souligné en citant celle du marché du travail, celle de la SNCF, les retraites, l’école mais aussi « une très grande réforme de la santé avant même la crise ». Le président en a profité pour louer son ancien Premier ministre Édouard Philippe. Et s’il a remplacé le locataire à Matignon par Jean Castex, ce n’est pas pour changer de cap, mais pour « changer de chemin pour y arriver ». Cela passe notamment par plus de dialogue social.

Pas d’abandon de la réforme des retraites par points

Mais le président n’entend pas, pour autant, abandonner sa grande réforme des retraites par points qui avait suscité tant d’opposition, malgré le risque que cela alimente une épargne de précaution chez les Français par peur de l’avenir. Il la juge plus juste pour « les premiers de corvée », ceux qui se sont révélés indispensables dans la crise du coronavirus grâce à « une meilleure prise en compte de leur période d’activité » avec la règle que chaque euro cotisé donne des droits alors qu’il faut avoir validé 150 heures au smic au minimum par trimestre pour en valider un actuellement et le minimum contributif à 1 000 euros. Il a demandé au Premier ministre un calendrier pour la remettre sur le métier.

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Emmanuel Macron veut aussi traiter du problème des déficits du régime de retraite, qui s’est aggravé depuis le début de son mandat qui a pris une ampleur nouvelle avec les effets de la crise sanitaire. Il a, en creux, justifié une mesure de recul de l’âge de départ, par cette crise, même s’il n’a pas remis en selle l’âge pivot. Le Premier ministre est chargé d’élaborer un calendrier en concertation avec les partenaires sociaux sur ce sujet, mais aussi sur celui de la dépendance très liée aux retraites (notamment pour des questions financières), de la santé, etc.

Mais « la priorité de cet été et de la rentrée prochaine c’est l’emploi », a reconnu le président. Emmanuel Macron a donc annoncé le volet le plus social du plan de relance, avec un dispositif exceptionnel d’exonération des charges pour les jeunes les moins qualifiés, rémunérés jusqu’à 1,6 smic. Cette exonération durera, en fonction de l’évolution de la situation, un à deux ans. L’essentiel des charges patronales au niveau du smic a déjà été supprimé, mais il est encore possible d’aller plus loin en supprimant les cotisations pour les accidents du travail, la contribution sur la formation professionnelle, la taxe d’apprentissage. Au total, il resterait 2,8 % du salaire brut à supprimer pour les TPE et 6,7 % pour les autres entreprises au niveau du smic, selon une source au fait du dossier. Il pourrait aussi y avoir « un crédit de cotisation », selon une source de Bercy, c’est-à-dire une subvention pour l’entreprise.

Un « accompagnement social » pour les jeunes

Cette annonce s’ajoute à la prise en charge presque intégrale du coût des contrats d’apprentissage par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariés ainsi que les plus grandes qui dépassent 5 % d’apprentis. Mais le chef de l’État revient aussi à la logique des emplois aidés avec 300 000 contrats d’insertion pour « les jeunes les plus loin de l’emploi ». De même, le service civique sera boosté passant de 140 000 jeunes à 240 000 « dans les six mois qui viennent », a promis Emmanuel Macron. Enfin, 200 000 places dans des « formations qualifiantes supérieures » seront ouvertes pour que les jeunes puissent continuer leurs études plutôt que de rentrer sur un marché du travail sinistré. Les jeunes concernés doivent bénéficier d’un « accompagnement social ». Au total, ce sont donc 600 000 jeunes qui pourraient trouver une solution hors du marché du travail proprement dit, sur quelque 700 000 jeunes qui vont chercher un emploi en septembre.

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Emmanuel Macron a aussi annoncé des investissements grâce à l’argent du plan de relance européen qu’il espère pouvoir sécuriser cette semaine. Les sommes seraient notamment investies dans la transition énergétique au travers de la rénovation thermique des bâtiments déjà promise pendant la campagne, avec une augmentation de la prime pour les particuliers modestes et l’isolement des Ehpad et des écoles. Le président veut « redévelopper le fret ferroviaire, massivement, les trains de nuit et les petites lignes de train ».

La dette ainsi créée sera « amortie sur le très long terme » et cantonnée par rapport au reste de la dette publique. « Je peux dire légitimement aux plus jeunes, on est en train de vous bâtir une filière hydrogène », s’est-il justifié, en réponse à ceux qui l’accusent de dépenser « quoi qu’il en coûte ».

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