Via    francetvinfo

Cette « pandémie » provoquerait 8,8 millions de décès prématurés par an, selon une étude publiée dans la revue de la Société européenne de cardiologie.

La pollution atmosphérique réduit l’espérance de vie dans le monde de près de trois ans en moyenne, selon une étude publiée, mardi 3 mars, dans la revue de la Société européenne de cardiologie, Cardiovascular Research (en anglais). Cette « pandémie » provoquerait 8,8 millions de décès prématurés par an.

L’Asie est la plus touchée : la durée de vie moyenne y est réduite de 4,1 ans en Chine, de 3,9 ans en Inde et de 3,8 ans au Pakistan. L’espérance de vie des Africains est réduite de 3,1 ans en moyenne. Parmi les pays plus aisés, les anciens Etats satellites de l’Union soviétique ont la pollution la plus meurtrière, en particulier en Bulgarie, en Hongrie et en Roumanie.

Le chiffre de 8,8 millions de décès prématurés par an représente le double des estimations de l’Organisation mondiale de la santé. « L’impact de la pollution atmosphérique sur les maladies cardiovasculaires et autres maladies non transmissibles a été considérablement sous-estimé », assure l’un des auteurs de l’étude, Jos Lelieveld, de l’Institut Max Planck (Allemagne), renforçant d’autres recherches faisant le même constat.

La pollution de l’air endommage les vaisseaux sanguins, entraînant une élévation de la pression artérielle, du diabète, des AVC, des crises cardiaques et des insuffisances cardiaques. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent près de la moitié de ces décès. Les maladies pulmonaires et d’autres maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension artérielle constituent la majeure partie du reste. Seulement 6% de la mortalité résultant de l’air pollué sont dus au cancer du poumon.

« La pollution de l’air est un plus grand risque pour la santé publique que le tabagisme », explique Jos Lelieveld. La pollution de l’air tue 19 fois plus de personnes chaque année que le paludisme, neuf fois plus que le VIH/sida, et près de trois fois plus que l’alcool, d’après l’étude. Selon le chercheur, ce désastre pourrait être évité « en grande partie en remplaçant les combustibles fossiles par des énergies renouvelables propres »« La prise de conscience que la pollution de l’air est un risque majeur pour la santé peut contribuer à la volonté d’éliminer progressivement les combustibles fossiles – tout en permettant de réduire le réchauffement climatique », estime-t-il.

Pour évaluer l’impact de la pollution de l’air sur l’espérance de vie, les chercheurs ont appliqué les données de l’année 2015 sur l’exposition aux microparticules (PM2,5) et à l’ozone à des modèles qui simulent comment les processus chimiques dans l’atmosphère interagissent avec les polluants naturels et artificiels, en intégrant les données épidémiologiques du Global Burden of Disease.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laissez un commentaire