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Le président colombien Ivan Duque à Bogota le 12 septembre 2019
Le président colombien Ivan Duque à Bogota le 12 septembre 2019 (RAUL ARBOLEDA / AFP)

Cela porte un mot simple : grève générale. Jeudi 21 novembre, ce pays de 50 millions d’habitants va s’arrêter. Tous les syndicats appellent à cesser le travail. Avec l’appui des principales organisations étudiantes, des partis politiques d’opposition, et des mouvements indigènes qui représentent la population d’origine indienne. Il faut donc s’attendre à des transports paralysés, une fonction publique à l’arrêt, et des manifestations importantes, avec des risques de violence.

La contestation contre le régime de droite d’Ivan Duque porte essentiellement sur deux sujets. Le premier c’est la politique économique et sociale du gouvernement. On lui prête la volonté de flexibiliser le marché du travail, d’augmenter l’âge de la retraite et de limiter le système public de retraite. Le deuxième axe est lui très spécifique à la Colombie : c’est la dénonciation de la violence politique. Assassinats à répétition de leaders indiens (500 morts en trois ans) et répression féroce des forces de sécurité dans la lutte contre le trafic de drogue (une priorité du président Duque).    

Dans le reste de l’Amérique du Sud, on en parle moins ces derniers jours, mais la contestation continue, en particulier en Bolivie et au Chili. En Bolivie, au cœur des Andes, la crise politique s’installe. Dix jours après la fuite au Mexique du président Morales, les affrontements sont quotidiens entre ses partisans et les forces de l’ordre, en particulier dans la ville d’El Alto qui jouxte La Paz. Déjà 27 morts. Rappelons que le pouvoir est assuré par intérim par une sénatrice d’opposition très contestée, Jeannine Anez. L’enjeu c’est l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

Au Chili, rien n’est réglé non plus. La contestation vient d’entrer dans son deuxième mois. Déjà 22 morts et 2 000 blessés. Les partis politiques se sont certes entendus sur l’organisation au printemps prochain d’un référendum sur une nouvelle Constitution. Mais les manifestations continuent sur la dimension sociale de la crise : le coût de la vie, les retraites. Rappelons que c’est l’augmentation du ticket de métro qui avait fait déborder le vase.
En Equateur, après l’énorme contestation de début novembre, ça s’est un peu calmé. Mais uniquement parce que le pouvoir a fait marche arrière, en renonçant à la hausse de l’essence. Et la situation reste également volatile au Venezuela, en Argentine, voire au Brésil et au Pérou.  

Toute cette contestation en Amérique du Sud relève en grande partie de la même logique. Il y a des spécificités par pays : par exemple la violence politique en Colombie, ou l’enjeu de la représentation des Indiens en Bolivie. Mais il y a quand même un fond dominant de contestation sociale sur les inégalités, les politiques néo-libérales, les contraintes imposées par le FMI. Donc la moindre augmentation d’un produit essentiel crée une explosion. Et il y a un facteur explicatif récurrent : c’est l’effet de la baisse du baril, autrement dit la diminution de la rente pétrolière. L’argent n’est plus là pour financer les programmes sociaux. La pauvreté gagne, l’explosion sociale menace.    

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