Via    Le Figaro

Large vainqueur du Memorial Tournament après un quatrième tour perturbé par la pluie et une pénalité sévère, l’Espagnol Jon Rahm prend la place de numéro un mondial pour la première fois de sa carrière à 25 ans. Tiger Woods se contente de la 40e place. Victor Perez n’avait pas passé le cut.

Sans public et avec un Jack Nicklaus masqué la plupart du temps, la victoire de Jon Rahm au Memorial Tournament n’en reste pas moins des plus éclatantes avec son onzième titre professionnel, le quatrième sur le PGA Tour. À 25 ans, le massif Basque prend au passage la place de numéro un mondial à Rory McIlroy et devient le cinquième plus jeune golfeur à atteindre ce sommet. Trente-et-un ans après le regretté Severiano Ballesteros, Rahm est maintenant le deuxième numéro un mondial espagnol de l’histoire. La deuxième semaine de suite à Muirfield Village (une première depuis 63 ans), couronne un des plus grand champion de ces dernières années à qui il ne manque déjà plus qu’un titre en Majeur pour rentrer définitivement dans l’histoire ! Avec huit coups d’avance sur le deuxième après le parcours aller, Rahm était parti pour une victoire record. Son début de parcours retour (bogey au trou numéro 10, double-bogey au 11 et bogey au 14) relançait Ryan Palmer qui enchaînait les pars (avec un birdie bonus au 12). Mais le trou numéro 16 allait sceller définitivement le résultat de la journée, avec un tournant spectaculaire qui va en plus relancer les polémiques liées à l’arbitrage vidéo.

Le coup de la semaine entaché d’une pénalité

Embourbé dans le rough du par 3 du trou numéro 16, rendu particulièrement délicat par la position de drapeau derrière l’obstacle d’eau, Jon Rahm exécutait un chip parfait qui finissait sa course dans le trou ! La copie conforme de celui de Tiger Woods sur ce même trou lors de sa victoire en 2012 ! Même Ryan Palmer s’inclinait en tendant le bras pour taper dans la main de l’Espagnol. Avec ce birdie, la messe était dite… ou presque ! Car les arbitres avaient envie de faire durer le suspense en faisant planer une pénalité… Après visionnage vidéo à la loupe, il était soudain évident que le club de l’Espagnol avait fait légèrement bouger la balle, mais il y avait toujours de l’herbe entre la tête de club et la balle au moment de jouer le coup et la pénalité est extrêmement sévère et peut-être même contraire à l’esprit du jeu. Si certains bars bien intentionnés proposent des cafés suspendus, les arbitres seraient bien avisés d’arrêter leurs pénalités suspendues qui tombent longtemps après le coup, lorsqu’elles sont discutables (pas comme celle de Patrick Reed lors du Hero World Challenge 2019 qui était flagrante). Imaginons un instant que Jon Rahm n’ait gagné qu’avec un coup d’avance et que la pénalité litigieuse offre ainsi la victoire à Ryan Palmer, privant du même coup l’Espagnol de la place de numéro un mondial…

Retour décevant pour Tiger Woods

De près de vingt ans son aîné, l’Américain Ryan Palmer s’incline donc de trois coups. Après une belle journée passée avec son ancien partenaire de la victoire en double au Zurich Classic en 2019 (comme en témoigne leur tape dans la main au 16), le Texan se consolera avec une 18e saison consécutive avec au moins un top 10 validée et surtout un ticket pour l’US Open (l’autre billet revenant au Canadien Mackenzie Hughes). Avec une pluie continue et un vent en rafale qui leur rappellent leurs vertes praires britanniques, les Anglais avaient le sourire avec la troisième place de Matthew Fitzpatrick (le seul joueur sous les 70 dimanche) et la quatrième place de Matt Wallace (aux côtés de l’ancien numéro un mondial australien Jason Day). Pour son grand retour à la compétition, Tiger Woods avait moins le sourire après sa 40e place (+6) et une alerte avec une douleur au dos vendredi. Rory McIlroy cède son fauteuil de numéro un mondial sans avoir vraiment pu lutter (32e). Le numéro un français Victor Perez avait manqué pour sa part vendredi son troisième cut en autant de participations depuis la reprise du PGA Tour. Cette même journée de vendredi avait surtout été marquée par l’attitude déplorable de Bryson DeChambeau vis-à-vis des arbitres en tentant de négocier une balle à peine hors-limite, alors qu’il se battait pour passer le cut… en vain. De quoi se construire lui aussi une image de «bad boy», digne de celle d’un Patrick Reed…

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