Via    Liberation

Carnets, de Goliarda Sapienza. Traduit de l’italien par Nathalie Castagné. Le Tripode, 480 pp., 25 €

En 1976, après avoir terminé l’Art de la joie, qui ne sera publié qu’après sa mort, Goliarda Sapienza (1924-1996) entreprend de tenir des carnets. Ennemie du dogmatisme des intellectuels, à commencer par son ex-compagnon le cinéaste Francesco Maselli, attirée par la solitude mais sensible à l’amitié, elle consigne ses remarques et expériences, souvent amère quant à «l’impuissance inhérente à la condition féminine». On retrouve aussi au fil des pages des personnages célèbres, Nastassja Kinski, Cesare Zavattini, ou encore Alberto Moravia.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB. Après la guerre, de Jacques Tardi. Casterman, 162 pp., 25 €

Troisième et dernier volume de la série. L’album reste fidèle au principe, et restitue le contexte historique des événements que vit le père de Jacques Tardi, René Tardi, mais finit par relever plutôt de l’autobiographie. René Tardi, militaire de carrière, raconte à son fils comment lui, le petit Jacques, est né le 30 août 1946. La guerre est finie, cependant la famille s’installe en Allemagne. L’enfant joue et dessine, comme tout un chacun, mais chez lui dessiner prend des proportions hors du commun. Ses angoisses également ne sont pas celles de tout le monde.

La Transparence du temps, de Leonardo Padura. Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas. Métailié, 448 pp., 23 €

On est en 2014. Mario Conde est de retour pour enquêter sur le vol d’une statue, une vierge noire romane. C’est un ancien camarade de lycée, apparemment truandé par un amant, qui lui donne cette mission, et l’argent qui va avec. Mario Conde, qui va avoir 60 ans, et finira bien par les fêter, découvre les dessous du marché des œuvres d’art. Et en profite, comme toujours, lui qui n’a jamais quitté son quartier, pour observer les impasses de la société cubaine, la corruption, la précarité généralisée, la coexistence du luxe et de la misère.

Les amis, d’Aja Gabel. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cyrielle Ayakatsikas. Rivages, 464 pp., 22,90 €

Quinze ans dans la vie d’un quatuor à cordes qui sillonne l’Amérique du Nord. Deux garçons, deux filles : ils sont liés, forcément. Le roman détaille la solidité et l’évolution de ces liens, comment ils se sont noués, pourquoi ils sont si exaltants qu’ils en deviennent parfois trop étroits, la manière dont la vie les défaira. La musique imprime son mouvement au récit, l’amour fait le reste. L’amitié n’est pas moins tumultueuse, en ces années de formation. Premier roman plein de charme d’une musicienne.

L’Etoile du Nord, de D.B. John. Traduit de l’anglais par Antoine Chainas. Equinox/Les Arènes, 624 pp., 22 €

Bienvenue au royaume de Kim Jong-un, où on ne peut pas nourrir de mauvaises pensées contre la dictature sans risquer d’échouer dans le genre de camp d’où personne ne revient. Un lieutenant-colonel de Pyongyang accepte une mission à New York, mais ayant été adopté, il ne faudrait pas qu’on exhume sa vraie famille. A New York, une jeune femme afro-coréenne accepte d’aider la CIA, mais c’est pour mieux se renseigner sur sa jumelle, portée disparue en Corée. Par une étoile montante du roman d’espionnage. Lire notre chronique.

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