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Le collectif « Pouvoir Féministe » a saisi mardi le procureur de la République de Lille dans l’affaire de l’appartement accordé par Gérald Darmanin à une femme avec qui il a eu une relation sexuelle, en 2015 à Tourcoing. 

Le collectif « Pouvoir Féministe » a saisi mardi 21 juillet le procureur de la République de Lille dans l’affaire de l’appartement accordé par Gérald Darmanin à une femme avec qui il a eu une relation sexuelle, en 2015 à Tourcoing, alors qu’il était maire, a appris mercredi 22 juillet franceinfo auprès du collectif, confirmant une information d’Europe 1. 

Cette femme avait porté plainte estimant s’être « sentie obligée » d’avoir des relations sexuelles avec Gérald Darmanin pour obtenir un logement. Mais l’enquête préliminaire ouverte pour « abus de faiblesse » avait été classée sans suite. La présidente du collectif « Pourvoir Féministe », Anaïs Leleux, veut tenter de relancer l’enquête en signalant au procureur ce qu’elle estime être un « trafic d’influence ».

Elle dit avoir la preuve que Gérald Darmanin a écrit à quatre bailleurs sociaux « pour leur demander d’examiner le dossier de demande de HLM d’une femme. Là où ça pose question, poursuit Anaïs Leleux, c’est que cette femme nous dit qu’avant ça, Gérald Darmanin est allé chez elle et qu’elle s’est sentie obligée de lui faire une fellation. Donc, si les faits sont avérés – puisque Gérald Darmanin bénéficie de la présomption d’innocence – mais si les faits sont avérés, s’il a effectivement sollicité ou même accepté un rapport sexuel avant d’intervenir en faveur d’une citoyenne, il y a trafic d’influence. » , estime la présidente du collectif « Pouvoir féministe ».

Anaïs Leleux estime que la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur « soulève un conflit d’intérêts qui serait susceptible de mettre les enquêteurs et les enquêtrices sous pression ». Souhaiter le départ du ministre est donc, selon elle une façon de donner à ces policiers et policières « la possibilité d’agir », sans pour autant remettre en question la présomption d’innoncence.

La présidente du collectif « Pouvoir féministe », affirme par ailleurs, que Gérald Darmanin a lui-même reconnu une situation de conflit d’intérêts « en signant une lettre de déport ». « C’est à dire que lui-même, en disant ‘je vous promets que je ne parlerai pas de cette affaire’, reconnaît à demi-mot une situation de conflit d’intérêts, croit savoir Anaïs Leleux. Et on ne considère pas que cette lettre puisse suffire à nous garantir que les policiers et les policiers ne subiront pas de pressions. »

Dans le courrier adressé au procureur et dont franceinfo a eu la copie, le collectif féministe rappelle que « Monsieur Darmanin ne nie pas les rapports sexuels ». Joint par franceinfo, le parquet de Lille indique ne pas encore avoir eu connaissance de ce courrier. Anaïs Leleux a également demandé par courrier à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique de se positionner sur cette question du trafic d’influence.

L’actuel ministre de l’Intérieur est actuellement visé par une enquête pour viol dans une autre affaire. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations. Gérald Darmanin conteste les faits dans les deux affaires, s’estimant « accusé à tort ».

Pour Anaïs Leleux, la nomination de Gérald Darmanin « soulève un conflit d’intérêts »

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