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Le président algérien rend hommage aux 24 résistants à la pénétration française qui furent tués à Zaatcha le 26 novembre 1849, à Alger, le 5 juillet.

L’affaire est un champ de mines. Emmanuel Macron le sait pertinemment, mais il avance, par petits pas et menus gestes, résolu à affronter le défi mémoriel de la guerre d’Algérie (1954-1962), auquel il confère « à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995 », selon ses propres mots, prononcés en janvier au retour d’un voyage à Jérusalem.

En confiant, le 24 juillet, à l’historien Benjamin Stora une « mission de réflexion » sur la « mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie », le chef de l’Etat poursuit son exploration de ce terrain « complexe ».

L’historien, dont M. Macron loue la « connaissance intime et approfondie de tous ces enjeux », devra lui remettre des recommandations sur « les gestes à effectuer et les actions à engager dans les mois et années à venir, dans notre pays comme dans ses liens avec l’Algérie, afin d’avancer dans ce travail de mémoire si difficile et pourtant si nécessaire à notre avenir », selon les termes de la lettre de mission reçue par Benjamin Stora. Le but recherché par le président français est d’aboutir « à l’apaisement et à la sérénité de ceux que [la guerre d’Algérie] a meurtris, (…) tant en France qu’en Algérie ».

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De l’autre côté de la Méditerranée, à Alger, l’initiative d’Emmanuel Macron est suivie avec intérêt, mais il est encore bien trop tôt pour assurer que les vicissitudes d’une relation bilatérale tourmentée ne viendront pas empoisonner le processus.

Le passé récent incite à la prudence. Le projet d’un « traité d’amitié » échafaudé dans la foulée d’un voyage réussi de Jacques Chirac à Alger, en 2003, avait été torpillé deux ans plus tard par l’adoption de la fameuse loi du 23 février 2005, dont l’un des articles enjoignait aux manuels scolaires de « reconnaître le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Jacques Chirac a eu beau obtenir début 2006 l’abrogation par décret du sulfureux article, le mal était fait. A Alger, la colère soulevée par ce qui a été perçu comme une tentative de réhabilitation de la colonisation a remisé pour longtemps les efforts d’une réconciliation des mémoires.

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