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Édito

Pour avoir donné des gages environnementaux au G20 d’Osaka, en juin, avant de laisser l’Amazonie partir en fumée, Jair Bolsonaro est-il «un menteur», comme l’assure Emmanuel Macron, qui entend déchirer l’accord de libre-échange avec le Mercosur ? Non, plus sûrement, le chef d’Etat brésilien tombe le masque d’une présidence d’extrême droite rétrograde qui entend laminer toutes les avancées, même minimes, du «lulisme» : sociales, politiques et, bien sûr, écologiques. Avec ce pantin de l’industrie agroalimentaire et minière, un mot l’emporte : exploitation. Exploitation sans vergogne des terres où 2 % de fazendeiros (grands propriétaires terriens) croquent déjà 50 % de l’espace rural. Exploitation de la forêt pour y cultiver du soja et développer l’élevage bovin intensif, dont le Brésil est déjà un exportateur record. Exploitation des terres des peuples indigènes pour y chercher du minerai et de l’or. «Capitaine tronçonneuse» s’est vanté d’avoir «ordonné» la démission du directeur de l’Institut national de recherche spatial, dont le seul tort avait été de mettre un chiffre indiscutable sur un désastre : une hausse de 67 % de la destruction du poumon vert de l’humanité sur les sept premiers mois de son mandat. «Capitaine mitraillette», qui rêve de libéraliser le port d’armes, n’a pas hésité, un jour, à lâcher : «Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains. Eux, ils ont exterminé leurs Indiens.» «Capitaine table rase» peut dénoncer le «colonialisme» de Macron, qui parle de crise internationale et entend prendre des mesures lors du G7 de Biarritz, mais c’est un peu «celui qui dit qui l’est» car, à l’instar de la dictature militaire (1964-1985) dont il est un fervent nostalgique, il entend faire de l’Indien un «Brésilien comme les autres». Le Trump des tropiques suit la voie funeste du vrai Donald, ennemi public numéro 1 du climat. Les indifférents ou négationnistes du changement climatique sont tous des populistes d’extrême droite. Tous des rejetons d’un carbofascisme qui menace bien plus que la démocratie : la planète elle-même.


Christian Losson

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