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La fumée n’est plus vraiment en odeur de sainteté de l’autre côté du lac Léman. Les entreprises suisses n’hésitent pas à pratiquer une discrimination à l’embauche entre les fumeurs et les non-fumeurs. Un critère de recrutement qui s’affiche dès les annonces d’embauche, explique LCI

En 2017, 27,1 % des Suisses de plus de 15 ans fumaient, selon l’office fédéral de la santé publique, soit près d’un quart de la population helvète qui pourrait avoir des difficultés à trouver un emploi. En effet, un nombre croissant d’entreprises suisses affichent désormais la couleur dès les offres de recrutement : la préférence est accordée à ceux qui ne fument pas. Felfel, une entreprise spécialisée dans les fournitures de réfrigérateurs pour des repas « sains et bio », interdit complètement à ses 85 employés de fumer sur leur lieu de travail. Même pendant la pause ! Une interdiction justifiée par la volonté de véhiculer une certaine image. « C’est très important, un lifestyle sain », se défend ainsi Anna Grassler, la directrice générale adjointe. Résultat, elle assume chercher des employés « qui ne sentent pas la cigarette et peuvent vivre une journée sans ». 

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Quid de la France ?

Au-delà de cet exemple, de nombreux employeurs dans le domaine de la restauration, des cosmétiques ou de la santé affichent le même genre de politique de recrutement. Si les annonces font débat en Suisse, elles sont pourtant légales. Une situation qui serait bien sûr très différente dans l’Hexagone. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a même fait reconnaître par le passé que la discrimination à l’embauche contre les fumeurs n’était pas légale. 

Paradoxalement, un rapport publié il y a quelques jours dénonce une politique trop laxiste de la Suisse, rapporte La Tribune de Genève. Le document pointait notamment l’influence des plus grandes entreprises de tabac au monde, comme Philip Morris International et British American Tobacco, qui y possèdent leur siège régional ou mondial. L’industrie du tabac était ainsi accusée d’avoir des « pratiques visant à influencer la politique sanitaire suisse ». 

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