Via    Le Monde

Alassane Ouattara rend hommage à son premier ministre brutalement décédé d’une crise cardiaque une semaine plus tôt, à Abidjan, le 15 juillet.

Alassane Ouattara n’avait sûrement pas imaginé pareil cauchemar. Il n’a cependant rien fait pour l’éviter. Depuis le 5 mars et l’annonce de son départ au terme de son mandat, le président ivoirien, 78 ans, disait aspirer à une retraite « bien méritée », à s’occuper de sa famille et de sa fondation, dont les locaux sont en cours de finition.

Avant même cette déclaration officielle, qu’il affirmait avoir mûrie depuis deux ans, la route avait été préparée pour le premier ministre d’alors, Amadou Gon Coulibaly. Le décès inopiné, le 8 juillet, de ce « fils » et « plus proche collaborateur », comme l’a qualifié le président, a fait voler en éclats ce plan de succession. Sauf nouveau coup de théâtre, la candidature d’Alassane Ouattara pour la présidentielle – dont le premier tour a été fixé au 31 octobre –, en vue d’un troisième mandat, semble désormais acquise.

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Dans son esprit, seul celui qui fut son secrétaire général à la présidence puis son premier ministre était capable de prendre la relève parmi cette « jeune génération » à qui il disait vouloir transmettre le flambeau. Les autres concurrents au sein du pouvoir ont été écartés, comme l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, ou invités à ronger leur frein, comme le ministre de la défense, Hamed Bakayoko.

Ceux qui auraient aimé un peu plus de considération, un semblant de démocratie interne sur la désignation du successeur, sont allés voir ailleurs ; comme les anciens ministres Marcel Amon-Tanoh, qui a annoncé, mercredi 22 juillet, sa candidature à la présidentielle, Albert Toikeusse Mabri ou le vice-président, Daniel Kablan Duncan.

« La carte de la stabilité »

Au moment qui aurait dû être le crépuscule de sa carrière politique, Alassane Ouattara apparaît plus seul que jamais. Un homme prisonnier de son attachement exclusif à un dauphin à la santé fragile, d’un entourage qui n’a guère intérêt à son départ et de sa croyance que lui seul est désormais en mesure de battre les deux autres « éléphants » de la politique ivoirienne. L’ancien président Henri Konan Bédié s’est déclaré candidat à 86 ans, et Laurent Gbagbo, 75 ans, dont les intentions ne sont pas clairement affichées, pourrait faire alliance avec lui, posant ainsi un réel défi électoral au pouvoir.

« A l’heure actuelle, compte tenu des délais, je ne vois, hélas, pas d’autre solution pour préserver la stabilité du pays », a ainsi confié Alassane Ouattara au magazine Jeune Afrique, une semaine après le décès d’Amadou Gon Coulibaly. Cette idée d’un sacrifice obligé, d’une candidature malgré lui, a également été présentée, selon nos informations, à Jean-Yves Le Drian, lorsque le chef de la diplomatie française s’est rendu le 14 juillet aux obsèques du premier ministre ivoirien.

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