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Donald Trump lors d’une la conférence de presse, à la Maison Blanche, à Washington, le 30 juillet.

En 2016, redoutant manifestement d’essuyer une déroute face à la candidate démocrate, Hillary Clinton, Donald Trump avait multiplié les accusations préventives contre un scrutin présenté comme « truqué ». Il a renoué avec cette volonté de jeter le trouble sur l’élection présidentielle en évoquant pour la première fois un report du scrutin, jeudi 30 juillet, dans un message publié en début de matinée sur son compte Twitter.

Déplorant par anticipation une généralisation du vote par correspondance pour cause de pandémie de Covid-19, dont il juge sans preuves qu’il favorise la fraude, le président américain a assuré que « 2020 sera l’élection la plus INEXACTE et FRAUDULEUSE de l’histoire. Ce sera un grand embarras pour les Etats-Unis. Repousser l’élection jusqu’à ce que les gens puissent voter correctement, de manière sûre et sécurisée ??? »

En avril, son adversaire démocrate, Joe Biden, avait affirmé que le président serait tenté par cette idée. « Souvenez-vous de ce que je vous dis, je pense qu’il va essayer de faire reporter les élections d’une manière ou d’une autre, trouver des raisons pour lesquelles elles ne peuvent pas avoir lieu », avait-il lancé. Il s’était attiré la réplique virulente de l’équipe de campagne du président qui avait dénoncé « des divagations incohérentes » et des « théories du complot ». « Pourquoi est-ce que je ferais cela ? », avait répondu Donald Trump quelques jours plus tard.

Le message de jeudi a suscité instantanément un tollé dans les rangs démocrates, où l’évocation d’un report a été expliquée par les mauvais chiffres, en termes d’intentions de vote, que récolte actuellement le président, à un peu plus de trois mois de l’élection du 3 novembre. « Alors que nous sommes assis ici, ceux qui sont au pouvoir font tout leur possible pour décourager les gens d’aller voter », a dénoncé Barack Obama à Atlanta (Géorgie), dans son oraison funèbre en hommage à John Lewis, figure de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains, décédé le 17 juillet.

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Non seulement aucun républicain n’a emboîté le pas du président, mais les responsables qui se sont exprimés jeudi ont fermement écarté une telle perspective.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, et celui de la minorité conservatrice à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, se sont montrés intraitables. « L’élection a toujours été tenue à la date prévue dans ce pays et nous allons faire en sorte que cela continue », a assuré le premier. « On ne va pas déplacer la date de l’élection, l’opposition des républicains à cette idée est écrasante », a assuré sur Twitter la numéro trois républicaine à la Chambre, Liz Cheney (Wyoming).

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