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Le Premier ministre, Jean Castex, a dénoncé jeudi des « dérives inadmissibles », face aux critiques concernant la nomination comme ministre de l’Intérieur de Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol. « Gérald Darmanin a droit au respect des principes de la République, comme tous les citoyens. Nous assistons à des dérives qui sont inadmissibles, je le dis ici avec solennité et gravité », a lancé Jean Castex lors des questions d’actualité. La nomination au gouvernement de Gérald Darmanin suscite depuis des jours la colère de mouvements féministes et les critiques d’une partie du monde politique, après avoir été accusé par une femme de relations sexuelles contraintes, ce que lui dément.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de 91 « militantes, intellectuelles, femmes politiques féministes » écrivent que « ce remaniement du gouvernement français représente un virage politique antiféministe, dont la portée dépasse largement les frontières de la France » et « vient renforcer le backlash (retour de bâton) contre les femmes, en violation des droits fondamentaux ».

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Jean Castex assure défendre « les principes fondamentaux de l’État de droit »

La sénatrice socialiste Murielle Cabaret a reproché au Premier ministre son « soutien sans faille au ministre de l’Intérieur, sans même attendre la fin de la procédure judiciaire ». Elle a pointé ce qu’elle considère être « une erreur éthique et politique d’une violence symbolique inouïe », qui reviendrait, selon elle, à considérer que « Gérald Darmanin est innocent, que la victime ment, au mépris des principes d’équité du contradictoire et d’équilibre entre les parties », tout en se disant « très attachée à la présomption d’innocence ».

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Jean Castex lui a répondu que « ça n’est pas Gérald Darmanin [qu’il] défend » mais « les principes fondamentaux de l’État de droit ». « C’est en mon âme et conscience que j’ai fait cette proposition [de nommer Gérald Darmanin ministre de l’Intérieur, NDLR] », a ajouté le chef du gouvernement. « Votre intervention, madame, suppose donc que j’aurais biaisé avec ma conscience, et, ça, je ne vous autorise pas à le dire », a-t-il ajouté à l’endroit de la sénatrice PS.

« S’il était démontré que je me suis trompé, j’en tirerais toutes les conséquences », avait affirmé la veille Jean Castex dans Le Parisien. Jeudi matin, Gérald Darmanin s’est, lui, dit victime, sur Europe 1, d’une « calomnie ». « Je ne souhaite à personne d’être accusé à tort et je ne souhaite même pas à mon pire ennemi d’être victime de la chasse à l’homme à laquelle je suis aujourd’hui l’objet », avait-il ajouté.

« Au-delà de la présomption d’innocence »

Interrogée sur LCI jeudi, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a aussi pris sa défense et affirmé qu’« on est en fait au-delà de la présomption d’innocence », après les précédentes décisions de justice. Lors de son interview du 14 Juillet, Emmanuel Macron avait également défendu la nomination de Gérald Darmanin au nom de la présomption d’innocence.

Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l’avait sollicité en 2009, lorsqu’il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler sa condamnation de 2004, pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon ses déclarations, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui et elle se serait sentie contrainte de « passer à la casserole », ainsi qu’elle l’a expliqué aux enquêteurs. Gérald Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais, selon lui, librement consentie. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

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