Via    lapresse

La Radio-Télévision publique ivoirienne (RTI) a annoncé sa mort lundi midi, alors que des informations sur son accident circulaient depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.

DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Houon, est mort « lundi à 8 heures » dans un hôpital d’Abidjan, « des suites d’un accident de la circulation qui s’est produit dans la nuit » dans la capitale économique ivoirienne, a précisé la RTI sur son compte Twitter.

« On est tous sous le choc », a témoigné auprès de l’AFP Ickx Fontaine, producteur ivoirien et spécialiste du hip-hop. DJ Arafat était « au top niveau depuis 15 ans et son premier succès Jonathan. C’était impressionnant ».

« C’était un vrai chanteur et un batteur […], il a donné un nouveau souffle au coupé-décalé », a-t-il estimé.

Une foule d’un millier d’admirateurs en pleurs était rassemblée lundi après-midi devant la polyclinique des Deux Plateaux à Cocody, où est décédé le chanteur, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Incrédules à l’annonce de sa mort, des fans scandaient « Arafat ne peut pas mourir ». La police tentait de les contenir, non sans difficulté.

DJ Arafat avait été désigné « meilleur artiste de l’année » aux « Awards du coupé-décalé » ivoiriens en 2016 et 2017.

Genre musical, mais aussi attitude, le coupé-décalé, musique au rythme endiablé utilisant souvent des sons électroniques, est né en 2003 dans les discothèques ivoiriennes pour se disséminer ensuite dans toute l’Afrique. Il a commencé à conquérir l’Europe et les États-Unis, notamment grâce aux sportifs qui ont popularisé certains pas de danse.

« Il faisait le buzz »

DJ Arafat était « un monument de la musique ivoirienne », « il donnait des concerts dans toute l’Afrique », a témoigné Ozone, un producteur de hip-hop et animateur de télévision.

« Il avait un charisme naturel », « il restera une force pour la musique ivoirienne et africaine », a-t-il jugé.

Selon Scovik, un gérant de coupé-décalé, DJ Arafat, qui était un grand amateur de moto, a été victime d’un traumatisme crânien après avoir percuté une voiture dans le quartier d’Angré. Il a été transporté à l’hôpital dans le coma, avant de décéder au matin.

DJ Arafat était né dans le milieu de la musique. Sa mère était une chanteuse connue et son père un ingénieur du son réputé, a précisé le gérant : « C’était un artiste très exigeant, il travaillait beaucoup ».

Il avait débuté au début des années 2000 comme DJ dans les clubs de la rue Princesse à Yopougon, un des hauts-lieux de la nuit abidjanaise, et s’était rapidement fait connaître.

« Il avait un son particulier, il a accéléré le coupé-décalé et il a apporté une autre façon de danser, spectaculaire », a souligné Skovik. « Il était aussi doué pour le marketing, il faisait le buzz, il fallait toujours qu’on parle de lui, il a toujours voulu être à la page ».

Parmi ses succès, on peut retenir Kpangor (2005), Zoropoto (2011), Enfant béni (2018). Son dernier single s’intitulait Moto moto.

Le ministre ivoirien de la Culture Maurice Kouakou Bandaman a présenté « ses condoléances à la famille et aux mélomanes », et indiqué que des dispositions seraient prises pour « un hommage à l’artiste », selon un communiqué diffusé par la RTI.

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