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Des supporteurs parisiens avant le match amical qui oppose le PSG aux Belges du Waasland-Beveren, le 17 juillet, au Parc des Princes, à Paris.

L’anecdote n’a pas cinq mois, mais Corentin la raconte avec la nostalgie d’une époque révolue. « Sur le but de Boudebouz, j’ai serré contre moi plein de types que je ne connaissais pas, rigole le supporteur stéphanois de 24 ans, sympathisant du groupe ultra des Green Angels. On a envahi la pelouse comme des fous. Quand je revois les images, je me dis qu’un cluster aurait pu naître [au stade] Geoffroy-Guichard. » « C’était le dernier moment de notre vie d’avant », résume Yoel, 31 ans, abonné au Chaudron depuis plus de dix ans.

Le 5 mars, Ryad Boudebouz avait offert à Saint-Etienne sa première finale de Coupe de France depuis 1982, et libéré sur le terrain une marée verte peu soucieuse des gestes barrières. Corentin pose une colle : « On en revivra quand, des moments comme celui-là ? »

Pas vendredi 24 juillet, c’est certain : l’AS Saint-Etienne et le Paris-Saint-Germain se disputeront le trophée Charles-Simon dans un Stade de France (80 000 places) presque vide. Les groupes de supporteurs stéphanois et parisiens ont renoncé aux 900 places qui leur étaient respectivement attribuées. Des « miettes », rumine un ultra.

Ce peu de billets disponibles est le résultat de la décision prise par le gouvernement, le 19 juin dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, d’autoriser la réouverture des stades au public à compter du 11 juillet avec une « jauge maximale » de 5 000 personnes : soit, en réalité, 3 500 spectateurs et 1 500 accrédités (joueurs, ramasseurs de balle, journalistes…). Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, a eu beau plaider pour une « jauge plus large », il n’a pas eu gain de cause.

« Cette jauge sera réévaluée en Conseil de défense d’ici à fin juillet pour la période à partir de mi-août, explique le cabinet de Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux sports. La ministre y est favorable, mais c’est une décision interministérielle, prise en fonction de la situation sanitaire, donc il faut rester prudent. » D’abord prévu le 24 juillet, ce Conseil de défense est désormais annoncé « dans la semaine ».

« La culture ultra ne cadre pas avec les règles de distanciation »

La ministre ainsi que les instances du football plaident pour l’instauration d’un nombre de spectateurs proportionnel à la capacité de chaque stade. Mais chez les supporteurs, c’est moins la valeur de cette « jauge » que son existence qui donne des maux de tête. Sur quels critères choisir les bénéficiaires ? Et comment s’accommoder de règles sanitaires ?

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