Via    francetvinfo

Jeudi, des centaines de milliers de personnes avaient protesté dans tout le pays. Des violences ont provoqué la mort de trois personnes.

Ils ont bravé le couvre-feu imposé à Bogota. Des manifestants ont protesté à coups de casseroles devant le domicile du président colombien Ivan Duque, vendredi 22 novembre, au lendemain d’une mobilisation massive suivie de violences. Une cinquantaine de personnes ont chanté l’hymne national devant la résidence du chef de l’Etat dans le nord de la capitale, en s’accompagnant d’un « cacerolazo ».

Ces manifestants se sont dispersés dans le calme, une heure après le début du couvre-feu, qui prenait effet à 21 heures, heure locale (3 heures à Paris). Ailleurs dans la ville, des habitants ont eux aussi, depuis chez eux, fait résonner casseroles et marmites. Environ 300 personnes ont aussi protesté sur la principale autoroute traversant Bogota.

Plus tôt dans la soirée, le président de droite avait appelé à un dialogue national. « A partir de la semaine prochaine, je lancerai une conversation nationale, qui renforcera l’actuel agenda de politique sociale, en travaillant ainsi de manière unie avec une vision à moyen et long terme, qui nous permettra de combler les écarts sociaux », a-t-il affirmé, précisant que ce dialogue se tiendrait « dans les régions avec tous les secteurs ».

Très impopulaire après à peine plus de quinze mois au pouvoir, Ivan Duque a ainsi fait un premier pas envers les organisations ayant appelé à la plus grande mobilisation sociale de ces dernières années contre le gouvernement. Il a ajouté avoir « décidé de renforcer la présence de la force publique » et ordonné « le déploiement de patrouilles mixtes de la police et de l’armée de terre dans les lieux les plus critiques ».

De son côté, le maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a décrété le couvre-feu jusqu’à 6 heures samedi (midi à Paris), en réponse à des troubles dans des quartiers populaires de cette capitale de sept millions d’habitants. Il s’agit du premier couvre-feu total décrété depuis 1977.

Jeudi, des centaines de milliers de personnes dénonçant des mesures économiques, sociales et sécuritaires du gouvernement avaient protesté dans tout le pays, au cours de marches majoritairement pacifiques. Mais des violences survenues par la suite ont provoqué la mort de trois civils. Selon un bilan officiel, 122 autres ont été blessés, ainsi que 151 membres des forces de l’ordre.

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