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Une étude publiée par la revue « Nature Climate Change » note que la déforestation tropicale couplée au réchauffement empêche les animaux de se déplacer vers des climats plus frais et ainsi d’échapper à l’extinction.

Moins des deux cinquièmes des forêts d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie permettent aujourd’hui aux animaux et aux plantes d’échapper à des augmentations de température potentiellement intolérables, soulignent les chercheurs dans la revue Nature Climate Change (lien en anglais). « La disparition des forêts tropicales entre 2000 et 2012 a entraîné la perte d’une étendue supérieure à la taille de l’Inde, qui était à même de protéger les espèces des effets du changement climatique« , explique à l’AFP Rebecca Senior, professeur à l’université de Sheffield.

« Non seulement la perte de forêt supprime directement leur habitat, mais elle rend également plus difficile le déplacement des espèces« , précise-t-elle. Selon la chercheuse, l’absence de voies permettant aux animaux de migrer vers des habitats plus frais signifie que le réchauffement climatique « entraînera probablement l’extinction d’espèces vulnérables sur un plan national, mais aussi mondial« . Cette nouvelle étude est la première à étudier l’interaction entre la perte d’habitat tropical et le changement climatique à l’échelle mondiale pendant une décennie complète.

Exemple de déforestation dans la forêt tropicale de Kitchanga en République démocratique du Congo, près de Masisi (province du Nord-Kivu), où, depuis longtemps, les arbres sont abattus de manière anarchique afin de les transformer en charbon (16 juillet 2012).
Exemple de déforestation dans la forêt tropicale de Kitchanga en République démocratique du Congo, près de Masisi (province du Nord-Kivu), où, depuis longtemps, les arbres sont abattus de manière anarchique afin de les transformer en charbon (16 juillet 2012). (PHIL MOORE / AFP)

Au rythme actuel du changement climatique, les plantes et les animaux tropicaux, même s’ils parviennent à se déplacer vers des zones actuellement plus fraîches, pourraient, en moyenne, être exposés en 2070 à un environnement plus chaud de 2,7°C qu’au cours de la seconde moitié du XXe siècle, selon l’étude. Dans le scénario le plus favorable, celui où l’humanité parviendrait à limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport au début de l’ère industrielle – une perspective de plus en plus improbable , les espèces des régions tropicales subiraient toujours une hausse de 0,8°C en 2070. L’accord de Paris sur le climat de 2015 enjoint aux nations de maintenir le réchauffement « bien en dessous » de 2°C.

La hausse d’un seul degré depuis la révolution industrielle (période allant de la fin du 18e siècle au début du 20e) a déjà renforcé la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, des sécheresses et des tempêtes tropicales. 

Lors des précédents changements climatiques, les espèces animales et végétales ont toujours grimpé ou descendu des montagnes, se sont rapprochées ou éloignées des pôles, voire se sont dirigées vers des eaux plus froides ou plus chaudes. Mais ces changements ont rarement été aussi rapides et ils n’ont jamais été combinés à une fragmentation extrême de l’habitat.

C’est pourquoi, dans leur étude, les chercheurs encouragent les pays à préserver des couloirs climatiques à travers les forêts afin de sauvegarder les animaux. Pour ces derniers comme pour les hommes, l’arbre est en effet au centre de la lutte contre le dérèglement climatique.

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