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Le gala « Le Monde d’après » a eu deux vertus : mettre en avant la nouvelle génération de boxeurs français et l’application des conditions sanitaires strictes afin d’accueillir le public sous le chapiteau du cirque Bormann (Paris 15e). Depuis le feu vert de la ministre des Sports pour la reprise de la boxe, le 11 juillet dernier, le collectif Fight Nation, fondé par Arnaud Romera, anciennement journaliste sportif, a eu trois semaines pour monter le gala.

Aucun faux pas ne pouvait être toléré en amont et lors de la soirée puisque cet événement se devait d’être une réussite sur le plan sanitaire afin d’en organiser d’autres, et prouver que la reprise des événements sportifs est possible. « Parce qu’on est le premier événement de sport en Europe à reprendre dans une salle, avec du public, il faut que tout le monde, dans l’enceinte du ring, soit testé négatif ! » expliquait Arnaud Romera au micro de France Télévisions. Il a tenu à encadrer strictement l’événement, avec l’obligation pour tous les acteurs de la soirée de présenter un test nasopharyngé négatif au maximum72 heures avant le gala. Entraîneurs, officiels, photographes, journalistes…, toutes les personnes autour du ring ont été testées.

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Trois jours avant, les différents protagonistes ont réalisé des tests dans un camion médical mis à disposition par les organisateurs. La traditionnelle pesée a été effectuée dans le respect le plus strict du protocole sanitaire, avec un périmètre délimité, un seul entraîneur pouvant accompagner son boxeur, et masque obligatoire pour l’ensemble des personnes se présentant face aux officiels chargés de valider le poids affiché sur la balance.

L’exigence du port du masque, une obligation anecdotique pour une partie du public

« Tout le monde sera masqué, ça sera obligatoire, et, si une personne du public vient et qu’elle n’a pas de masque, elle n’entre pas », déclarait Arnaud Romera, la veille du gala. Si, effectivement, l’entrée était conditionnée au port du masque, il a été difficile de veiller à ce qu’il soit porté durant toute la soirée. La chaleur n’a pas non plus aidé sous le chapiteau du cirque Bormann.

Au fil de la soirée, une partie du public ne portait plus de masque et les gestes barrières n’étaient plus respectés. Cependant, l’organisation ne pouvait pas à chaque fois rappeler à l’ordre les spectateurs qui dérogeaient à la règle. On peut tout de même regretter le fait que le speaker n’ait pas fait assez de rappels au micro. Certains spectateurs suggéraient de conditionner l’entrée sur le ring des boxeurs après l’observation par les organisateurs du port du masque par tous, mais le relâchement par les personnes réfractaires se serait produit quelques minutes plus tard… Peut-être aurait-il fallu, à la manière des concerts en indoor avec les fumeurs, pointer avec un laser les personnes ne portant pas de masque, et leur expliquer qu’elles allaient être exclues de l’enceinte.

Fight Nation, un collectif inédit en soutien au monde de la boxe

Arnaud Romera et le collectif Fight Nation peuvent se féliciter d’avoir réussi à monter le premier événement boxe post-Covid-19 sur le territoire français, mais surtout d’avoir pu venir financièrement en aide à la nouvelle génération de boxeurs français. « Avec le coronavirus, les mecs n’ont pas boxé depuis six mois environ, même plus, parce qu’il n’y a pas eu de match en janvier et en février puisque le début de saison est généralement calme. Donc on s’est dit « dès que ça sera autorisé, essayons de monter un gala de boxe pour tous ces boxeurs pros afin de les mettre en lumière à Paris » », explique Arnaud Romera. En l’absence de tout sponsor et faute de subventions, le collectifFight Nation s’est appuyé sur tous les aficionados du noble art pour s’élever au rang d’entité capable de venir prêter main-forte à la boxe professionnelle.

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La soirée a été une réussite sur le plan pugilistique avec une fluidité dans les enchaînements des combats et la découverte de nombreux talents en devenir. Pour la prise d’antenne en direct, le jeune espoir invaincu des poids plumes (5v-0d, 1 K.-O.) Christ Esabe, âgé de 19 ans, a maîtrisé avec une facilité déconcertante son adversaire péruvien Carlos Stephan Cossio (8v-5d-2n, 2 K.-O.). Les enchaînements crochet gauche-uppercut droit ont été percutants au fil du combat, lui permettant de remporter les six rounds à l’unanimité des trois juges. Son partenaire d’entraînement du club Bam l’Héritage, Khalil El Hadri (7-0, 4 K.-O.), s’est également illustré en faisant parler sa vitesse d’exécution et sa science du ring, touchant quand il le souhaitait son adversaire du soir. Celui que l’on surnomme « Le Mexicain » a su faire parler son instinct de chasseur en enfermant tout au long du combat le Nicaraguayen Nestor Maradiaga (8v-6d-1n) dans les quatre coins du ring.

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