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Le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador au Palais national de Mexico le 5 avril.

La pandémie de coronavirus ne faiblit pas au Mexique, contrairement aux déclarations optimistes du président, Andrés Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), qui martelait encore, mercredi 22 juillet, que « la crise est surmontée ». Le lendemain, le pays battait pourtant son record de contagions en 24 heures (8 438 nouveaux cas confirmés). Avec un total de 41 908 morts recensés jeudi 23 juillet, le Mexique est le 4e pays au monde en nombre de décès, bien au-delà des prévisions initiales. Un message officiel contradictoire qui soulève les critiques des experts contre la stratégie gouvernementale. Au point que certains gouverneurs contestent les mesures sanitaires des autorités fédérales.

« Il y a un peu de confusion », a reconnu, lundi 20 juillet, Hugo Lopez-Gatell, vice-ministre de la santé, lors de sa conférence de presse quotidienne. « L’épidémie continue d’augmenter mais à une rapidité moindre », répète l’épidémiologiste en chef et porte-voix de la stratégie sanitaire du gouvernement. Pourtant, les chiffres s’envolent : 370 712 cas ont été confirmés, jeudi, plaçant le pays au septième rang mondial des contaminations. Pis, le Mexique, avec 718 décès supplémentaires jeudi, talonne le Royaume-Uni (45 639 morts) derrière les États-Unis (144 242 morts) et le Brésil (84 082 morts).

Des « caprices » qui « ont coûté trop de vies »

« Nous sommes parvenus à ralentir la propagation du virus afin d’éviter la saturation des hôpitaux tout en augmentant leur capacité d’accueil », se félicite M. Lopez-Gatell. Le confinement non obligatoire, instauré dès le 30 mars, a permis de limiter l’occupation hospitalière à moins de 50 % en moyenne sur le territoire, et à moins de 80 % dans les régions les plus touchées. Le gouvernement a initié, depuis le 1er juin, une reprise progressive des activités économiques. « Nous avons pris la difficile décision d’équilibrer la protection de la santé et celle du bien-être des gens car la moitié de la population vit au jour le jour », justifie M. Lopez-Gatell qui invite les Mexicains à « rester chez eux quand ils le peuvent ».

Dans un pays où six actifs sur dix travaillent dans l’économie informelle, le gouvernement a lancé un déconfinement progressif basé sur un code de quatre couleurs (rouge, orange, jaune et vert) en fonction des niveaux de contamination selon les régions. Depuis mi-juillet, 18 des 32 États sont placés en code rouge, n’autorisant que les activités essentielles. Le reste est en code orange, permettant l’ouverture partielle des autres activités.

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