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Entretiens avec Anna Akhmatova, de Lydia Tchoukovskaïa. Edition, présentation et notes de Sophie Benech. Le Bruit du temps, 1248pp., 39€.

Fin des années 30, à Leningrad. La poétesse russe Anna Akhmatova étant interdite de publication, la jeune Lydia Tchoukovskaïa vient chez elle écouter les vers qu’elle compose chaque nuit, et les apprend par cœur. Une histoire de transmission sous la terreur, qui mêle le quotidien, les amis (Pasternak), le chagrin (les maris de l’une et de l’autre ont été fusillés), l’espoir. Les conversations s’arrêtent avec la mort d’Akhmatova en 1966.

Les Meilleures Nouvelles de Katherine Mansfield. Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par un collectif. Editions Rue Saint-Ambroise, 286 pp., 14,90 €.

Plaisir de retrouver «la Garden Party», «A la baie», «la Maison de poupée», «Félicité», «la Mouche», «le Canari», les nouvelles les plus fameuses l’auteure. Ces 18 textes comptent un inédit, «le Vieux Tar», autour d’un homme qui «avait environ 5 ans» quand il a commencé à construire sa maison et qui, lorsqu’il est âgé et qu’elle est achevée, se demande si cette construction était si judicieuse, «et d’obscures pensées traversaient au vol son esprit, comme des nuages, jamais tranquilles, jamais brisées».

Estuaire, de Lídia Jorge. Traduit du portugais par Marie-Hélène Piwnik. Métailié, 240 pp., 20 €.

Trois raisons de lire Estuaire: c’est une évocation très contemporaine des atteintes à l’environnement et du sort réservé aux réfugiés, comme s’il préfigurait un avenir d’apocalypse et de poussière; l’auteure ausculte une famille en pleine déroute; c’est un beau roman marin immobile, reflet de la situation même du Portugal, ex-grand pays toujours tourné vers l’ailleurs.

Le Grand Royaume des ombres, d’Arno Geiger. Traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay. Gallimard, 496 pp., 23 €.

1944, au bord du loac de Mondsee. Un jeune soldat de la Wehrmacht, blessé et sujet à des crises d’angoise, se repose. Il réfléchit à ce qu’il a vu, entendu et peut-être fait. Des rafles sont mentionnées mais ne sont jamais décrites. Le texte, fluide, ample et tout en suggestions, se fait la caisse de résonance de la folie du monde, des rumeurs de la guerre, des pensées erronées des Autrichiens qui ne voient pas, voient mal ou ne veulent pas comprendre.

Souvenirs souvenirs…, de Catherine Nay. Robert Laffont, 352 pp., 21,50 €.

Marie-France Garaud, conseillère redoutée de Jacques Chirac, recevant Catherine Nay et Michèle Cotta dans une cabine d’essayage de Chanel. Mme Giscard d’Estaing prononçant un discours au Mexique dans un espagnol impeccable, et expliquant qu’elle n’avait aucun mérite, elle parlait espagnol avec ses domestiques. Plein d’anecdotes vachardes, et surtout, dans le détail, les petites et grandes manœuvres politiques de 1967 à 1995.

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