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Parc, librairie, monument… « M » redécouvre cet été des endroits emblématiques de Paris à travers un objet souvenir, une ambiance et un hôtel voisin. Petit tour chez Ikea qui a franchi le périphérique pour s’établir place de la Madeleine.

Par et Publié le 10 août 2019 à 18h00

Temps de Lecture 3 min.

Cintres Spruttig, Ikea, 1,50 € les 10.
Cintres Spruttig, Ikea, 1,50 € les 10. Audrey Corregan & Erik Haberfeld pour M Le magazine du Monde

Beaucoup en ont rêvé et puis, un jour, c’est arrivé : Ikea a quitté la grande banlieue pour s’installer au cœur de Paris, place de la Madeleine. Et d’un coup, les Parisiens se sont trouvé une sorte de club Mickey pour adultes. Ici, pas de parcours imposé comme dans les Ikea « classiques », c’est la li-ber-té. Les fans de puzzles sont ravis, ils peuvent s’acheter immédiatement des trucs à monter en 3D avec leurs petits doigts agiles. Les amateurs de Scrabble sont aux anges, ils se baladent dans les rayons en prenant en photo les noms de produits. Pourquoi ? Pour pouvoir marquer 7 650 points avec « vlsatrderkaaal » et montrer ladite photo triomphalement « Bah ! tu vois, ça existe ! C’est une sorte de chaise ! »

Tous les GM – « gentils membres » – du club de la Madeleine ont aussi la possibilité de demander une aide extérieure en cas de problème de déchiffrage du plan de montage. Comme une sorte de « SOS détresse amitié » du meuble en kit récalcitrant. Après tout, tout le monde n’est pas le Champollion de la linguistique scandinave, capable de comprendre n’importe quel diagramme qui ressemble à un hiéroglyphe.

Plateau de sitcom

Avec ses multiples ambiances décoratives, Ikea Madeleine, c’est un peu comme un plateau de sitcom en plein Paris où l’on peut se la jouer en essayant des matelas et des canapés. Les pieds sur les coussins de la chambre « Romantique country », certains se croient dans Barry Lyndon et peuvent discuter tranquillement avec les voisins installés dans l’ambiance « Cuba ». Beaucoup mieux qu’un club de vacances pour se faire des amis : pas de sable et pas de gosse pénible.

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Quoique. Il y a toujours un rase-moquette pour lâcher sa glace sur le tapis qu’on envisageait d’acheter et qu’on va prendre du coup, vu comme il a l’air facile à nettoyer. Un crash-test gratuit en direct, cela n’a pas de prix. Dans un Ikea hors les murs, ce gamin serait soit assis dans un chariot, soit resté dans la voiture, mais comme il n’y a rien de tout cela ici… Dans la ville de la gastronomie, on se rassemble aussi ici pour céder à une envie de boulettes suédoises qui, pour une fois, n’oblige pas à faire des kilomètres en voiture. Ceux qui avaient tenté de remplacer leur petite faiblesse par des Knacki Ball sont formels : c’est incomparable.

Feng shui et cuisine sans déchets

Enfin, un peu comme dans Les Bronzés, il y a des ateliers organisés autour d’activités manuelles. Pas de peinture sur corps chez Ikea, mais plutôt du feng shui, de la cuisine sans déchets ou encore du rangement « ludique ». Pas mal pour faire des rencontres… Un jour, certains pourront dire à leur progéniture : papa et maman (ou papa et papa, maman et maman) se sont rencontrés à un atelier « cuisine sans déchets » chez Ikea. Tinder n’a plus qu’à aller se faire mettre à jour.

Inaugurée en 1918, la salle du Restaurant Le Victoria de l’Hôtel Bedford.
Inaugurée en 1918, la salle du Restaurant Le Victoria de l’Hôtel Bedford.

A six minutes à pied : l’Hôtel Bedford

Il est souvent question de l’Hôtel Bedford à la radio : du lundi au vendredi, l’émission de France Musique « Classic Club » est enregistrée dans le bar de cet établissement, voisin de la place de la Madeleine. Propriété de la famille Berrut depuis plus de cent ans, le Bedford a toujours vécu au rythme de la musique savante : les pianistes Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré y ont vécu, et le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos y a longtemps posé ses valises. En 2003, les Berrut ont créé leur propre salon de musique avec l’ambition de révéler les talents de demain. Il faut dire que la majesté du lieu s’y prête. La salle de restaurant impressionne par sa verrière turquoise et or, sa fontaine et son imposant décor en stuc qui n’ont pas bougé depuis leur création avant la première guerre mondiale. D’une facture impeccable, pour qui aime l’élégance surannée des couvre-lits matelassés et des fauteuils tapissiers cloutés, les 141 chambres sont décorées de tableaux issus de la collection familiale.

Hôtel Bedford, 17, rue de l’Arcade, Paris 8e. Chambre double à partir de 145 €.

La série « Les endroits emblématiques de Paris »

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