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File d'attente devant une station-service à La Havane le 19 septembre 2019
File d’attente devant une station-service à La Havane le 19 septembre 2019 (YAMIL LAGE / AFP)

Le prix des voitures reste prohibitif pour une grande majorité de la population à Cuba. Le gouvernement a bien promis une baisse des tarifs de 10%, mais cela ne sera pas suffisant. Les voitures américaines des années 50, les Lada et Moskovitch héritées de la période soviétique, ont sans doute encore de beaux jours devant elles.

Ibrahim Manzanet est carrossier et ces vieilles voitures sont celles qu’il répare en majorité, mais lui ne peut même pas se permettre d’avoir son propre véhicule. « L’offre qu’ils proposent n’a rien à voir avec ce qu’on nous paye, nous les Cubains. Moi on me paye en monnaie cubaine et ces prix sont dans la monnaie de là-bas. »

Je suis fou d’impatience d’avoir une voiture mais je ne peux pas. Les voitures sont dix fois plus chères ici qu’ailleurs !

Ibrahim Manzanet, carrossier

à franceinfo

La majorité des Cubains s’en remettent donc au transport public, de vieux et rares bus que l’on appelle ici les guagua. Antonio, un jeune coursier, se déplace donc toute la journée, en bus, en taxi collectif, en vélo… Il ne rêve même plus de posséder une voiture : « Ici à Cuba, c’est presque un luxe d’avoir une voiture et je ne suis vraiment pas d’accord avec les prix qu’ils imposent. »

Le gouvernement cubain se justifie en expliquant que les recettes de ces ventes seront destinées à améliorer le transport public. Mais si ces voitures sont désormais proposées en devises étrangères, c’est surtout parce que Cuba a besoin de liquidités. La vente de voitures en monnaies fortes fait partie d’un large plan de réformes économiques engagées il y a plusieurs mois, avec l’ouverture en octobre dernier de nouveaux magasins, en devises également, dans lesquels les Cubains peuvent désormais acquérir des climatiseurs, réfrigérateurs et autres appareils électroménagers. Autrement dit, c’est à travers le portefeuille des Cubains qui reçoivent des mandats d’argent ou qui parviennent à changer au marché noir leur monnaie cubaine en devises que l’État entend capter des liquidités qui lui font cruellement défaut.

En outre, beaucoup s’interrogent sur le sens de cette mesure, dans un pays qui souffre d’une pénurie d’essence. Depuis plusieurs mois, on voit de longues files d’attente à la pompe, conséquence des sanctions dont l’administration de Donald Trump menace les bateaux étrangers qui acheminaient jusqu’à présent le pétrole sur l’île.

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